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La compréhension orale fait partie des compétences à développer pour un apprenant de langue étrangère mais en tant qu’enseignant, la question se pose sur nos approches et nos pratiques pour l’accompagner dans cet apprentissage. En tant qu’enseignants, nous sommes (avouons-le) assez formatés par notre propre modèle d’apprentissage où l’écrit a joué un rôle important mais aussi par les épreuves-types d’examens tels que le DELF qui proposent des compréhensions orales sous forme d’écoute accompagnée d’un questionnaire écrit. Cette pratique durant l’apprentissage semble peu satisfaisante pour accompagner les apprenants à adopter des stratégies d’écoute afin de devenir autonomes en compréhension orale. Essayez toujours de faire des pauses dans la bande-son de votre conversation au café ou des réécoutes de votre dialogue à la boulangerie…

Certes, les activités type DELF  proposent une progression interne pour aider les apprenants à comprendre un document audio allant de la compréhension globale à la compréhension détaillée, pourtant, en y réfléchissant un peu, il y a bien d’autres manières de travailler cette compétence complexe qu’est la compréhension orale.

Notre objectif aujourd’hui consiste simplement à mutualiser des pratiques et des typologies d’activités différentes pour travailler cette compétence.

La notion clé de stratégie n’est pas traitée ici de manière volontaire car nous y reviendrons dans un prochain article.

Nous avons organisé cet article avec des regroupements très subjectifs d’exemples d’activités possibles.

Repérer les indices sonores

Il est en effet possible de faire prendre conscience aux apprenants des indices sonores contenus dans un document audio qui aident à la compréhension, mais qui sont souvent peu conscientisés (comme on le fait de plus en plus souvent avec la vidéo).

  • Écouter les indices audio sans écouter le texte (comme on le fait avec la vidéo) ex : bruit de porte, intonation montante, pleurs, voiture qui passe…
  • Utiliser la version malentendants des films : prendre conscience des indices audio qui facilitent  la compréhension. A un plus haut niveau, demander de nommer les bruits importants qu’ils pourraient indiquer s’ils faisaient le sous-titrage.

 

Appréhender la structure du document (compréhension globale)

On peut proposer aux apprenants de se familiariser avec un document (et par la même occasion leur démontrer qu’ils comprennent déjà beaucoup de choses)  en se concentrant sur la structure d’un document.

  • Faire repérer non pas les mots, mais les informations et les mots de transition uniquement : il s’agit de réussir à faire une sorte de sommaire du document, un “storyboard”, qui titre les différentes parties. De cette manière, on peut savoir où chercher un type d’information particulier. On peut pour cela utiliser des planches de BD vierges, ou un diaporama, où chaque diaporama porte un titre, et chaque transition un connecteur logique.
  • Créer une frise chronologique (outils disponibles en ligne) et demander aux étudiants de créer la frise des informations, en demandant de distinguer par des couleurs différentes, par exemple : les informations historiques, les informations pratiques, les opinions… selon le doc.

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Diversifier les activités dans les groupes

On peut proposer aux apprenants de travailler sur des tâches différentes qui viendront se compléter. L’enjeu est alors tout autre puisqu’il est nécessaire ensuite de partager ce que l’on a compris.

  • Créer des groupes : un groupe va juste regarder la vidéo, l’autre va juste écouter l’audio. On les fait ensuite se raconter ce qu’ils ont compris.
  • Demander aux apprenants de fabriquer des questions de CO, mais pas au hasard (ils ne sont pas profs !) : un groupe s’occupe des questions culturelles, un groupe s’occupe de la compréhension globale, un groupe s’occupe des mots-clés, un groupe de l’implicite, un groupe de l’organisation des idées…
  • Proposer à des niveaux débutants une écoute de messages simples que l’on demandera ensuite de mimer aux autres qui devront deviner la situation.
  • Toujours avec des groupes, présenter des documents différents sur un même thème (par exemple avec des points de vue différents, ou différentes parties d’un document long) : les étudiants, par 3 ou 4, doivent produire une présentation orale de ce qu’ils ont compris aux autres, qui peuvent poser des questions.

 

Travailler sur les attentes, les hypothèses d’écoute

  • Présenter un reportage, uniquement à partir de la présentation du journaliste, et faire imaginer ce qui va suivre. Réaliser une carte mentale des types d’informations que l’on pourrait trouver, puis des informations dans chaque type d’info. Vérifier les hypothèses. Cela permet de préparer l’écoute, d’anticiper, donc d’être en confiance et en proaction plutôt qu’en réaction. Idem avec d’autres types de documents : une recette, par exemple, où les étudiants vont forcément retrouver les mots importants comme les quantités, les ingrédients, les verbes d’action, les ustensiles…
  • Préparer le vocabulaire que l’on pense entendre, mais dans un but plus subtil de démystification du vocabulaire, justement : si on demande aux étudiants d’écouter  pour dire quels mots ils ont entendus, et qu’on demande ensuite de quoi parle le document, il y a de très fortes probabilités que les étudiants ne puissent pas répondre, car ils étaient focalisés sur le lexique.

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Réutiliser les informations pour aller plus loin

  • Travailler a posteriori sur un document travaillé de façon classique : le lendemain, demander aux étudiants de raconter le document. On retrouve alors la réalité de ce qu’est “comprendre” car finalement, quand on écoute un document, on retient des idées générales souvent bien éloignées des informations demandées dans un questionnaire !
  • Prolonger le document : si l’on a bien compris un document où des personnes ont des opinions ou des caractéristiques bien différentes, on peut proposer aux étudiants de s’identifier à un des personnages et d’imaginer ce qu’il dirait dans telle ou telle situation, ou à propos de telle ou telle question.

 

Et vous, avez-vous d’autres pratiques pour diversifier les activités de compréhension orale ?

Article collaboratif : Céline Mézange et Anneline Dintilhac