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Internet, un outil fabuleux pour la formation continue des profs de FLE, Oui, mais à quelles conditions ?

Tous les jours, les enseignants de FLE utilisent Internet pour y puiser des idées de cours, des témoignages de pratique en classe, pour chercher la réponse à une « colle » d’apprenant, des nouvelles du monde FLE ou de la francophonie, mais aussi pour suivre l’actualité de la didactique du FLE, ou encore pour se réconforter grâce à la présence virtuelle de leurs collègues. Au menu : toutes sortes de sites, tant institutionnels que personnels, des blogs individuels ou collectifs, des wikis, des pages Facebook, des comptes Twitter, des listes de mails ou des groupes LinkedIn. L’information fuse, abonde, et nous est souvent d’une grande utilité pour nos travaux d’enseignants de FLE. Beaucoup d’entre nous serons d’accord avec moi, car ils en auront faire l’expérience intime : internet est une source d’informations très riche et peut nous apprendre énormément… à condition de savoir s’y mouvoir !

Internet, un monde d’avantages pour le prof de FLE

echanges sur internetLe monde virtuel permet de nombreux bénéfices d’apprentissage. En effet, les espaces qu’il offre sont de véritables outils d’autoformation, de formation continue et de veille pédagogique, tant pour les auteurs que pour les lecteurs. Ce sujet mériterait que l’on s’y attarde plus longuement, mais survolons le rapidement dans un premier temps. Par exemple, les flux RSS (voir article de Sébastien sur Feedly), mais aussi les microblogs comme Twitter ou même les réseaux sociaux, nous permettent de filtrer et de sélectionner automatiquement l’information. Ensuite, nous trions cette information, nous l’organisons afin qu’elle soit facilement repérable dans nos fichiers. Pour cela, les signets sont d’une grande utilité car ils nous servent de post-it virtuels, mais aussi les blogs qui peuvent être utilisés comme des classeurs, par exemple. Internet permet aussi de formuler ce qui a été appris, de le mettre en action, de le tester, de le soumettre à examen en l’écrivant, en discutant, en le développant seul ou avec d’autres, sur n’importe quelle page, via n’importe quel outil. Un autre des atouts d’Internet (à prendre cependant avec des pincettes) est sa pérennité, qui nous permet notamment de nous constituer nos médiathèques virtuelles et ainsi de stocker nos objets de connaissance et de pouvoir y revenir à loisir.

Par ailleurs, internet peut aussi devenir un espace d’échanges à grande valeur humaine ajoutée. Bien utilisé, chacun peut y contribuer en publiant ses fichiers, tisser des liens professionnels, virtuels mais pourtant bien réels. En effet, pour les auteurs, publier permet de voir leurs travaux reconnus et valorisés par leurs pairs, qui vont à leur tour lire, télécharger et utiliser cette nouvelle ressource et c’est tant mieux car il est vrai que nos ressources pédagogiques sont souvent créées pour un public et un contexte précis. Elles ne peuvent donc pas forcément être réinvesties malgré le temps passé à les concocter, mais Internet permet de donner une seconde vie à nos fiches pédagogiques, en les passant à nos collègues.

théorie des communautés de pratiqueCet échange est d’autant plus riche lorsque les lecteurs commentent la ressource didactique, expliquent comment ils l’ont utilisée, suggèrent des modifications, voire des améliorations. Ces liens virtuels entre professionnels du FLE des quatre coins du monde font alors émerger un sentiment d’appartenance à un groupe de professionnels qui se reconnaissent dans leurs pratiques, leurs motivations et leurs questionnements. Ils évoluent alors individuellement mais font aussi évoluer la profession entière. C’est ce que E. Wenger appelle dans son célèbre ouvrage La théorie des communautés de pratiques, Apprentissages, sens et identité, une communauté de pratique. La nôtre est spéciale et unique, c’est la communauté virtuelle des enseignants de FLE actifs sur la toile, et vous en faites sans doute partie, vous qui me lisez.

La World Wide Web, ou la difficulté de sortir son épingle de la jungle

Malgré toutes les possibilités que nous venons de lister, l’équilibre du triangle entre l’enseignant de FLE, sa pratique professionnelle et la communauté des enseignants de FLE active sur Internet n’est pas facile à trouver, ni à maintenir.

foule Qui d’entre nous n’a jamais été découragé par le foisonnement d’informations et le sentiment de frustration qu’il génère (car, qu’on se le dise, on ne pourra jamais tout lire)? Qui n’a jamais perdu patience après avoir passé un temps précieux à essayer de retrouver un article, une image vue quelques jours avant et qui serait parfait/e pour cette fiche pédagogique que nous sommes en train de préparer ? Il faut le reconnaître, en général, nous, les profs de FLE, nous gérons mal nos ressources. Nos sites sont souvent d’une grande qualité, nos ressources, très professionnelles, mais nous perdons en visibilité à cause de notre désorganisation collective. Résultat des courses ? Des enseignants réduits au silence parce qu’ils écrivent mais ne sont pas entendus, ou bien parce qu’ils pensent qu’il est vain de participer en créant un site de plus parmi la multitude.

Ceux qui pensent ainsi n’ont pas tout à fait tort. Il est vrai que s’ils n’atteignent pas le sommet de l’aristosphère, leurs sites n’obtiendront pas la visibilité dont ils ont besoin pour réellement partager leurs ressources, avoir des retours et nourrir leurs réflexions pour avancer professionnellement. Ils n’obtiennent que des échanges unilatéraux ou tronqués, ce qui n’est évidemment pas ce qu’il y a de plus motivant.

Pourtant, cette pratique des enseignants de FLE qui consiste à faire de la veille pédagogique, à se documenter et à partagent leurs ressources sur le réseau des espaces web spécialisés en FLE, fait pleinement partie de leur activité professionnelle . Il est en effet de la responsabilité de chaque enseignant de se former et d’actualiser ses connaissances afin de se développer professionnellement. Si en plus il a l’envie et la possibilité d’en faire profiter ses collègues, c’est évidemment encore mieux. Cependant, il existe une incohérence entre la volonté de partager ses ressources et de le faire à travers des milliers de petits sites personnels d’enseignants. C’est cette incohérence que nous devrions solutionner…

A suivre …