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Voici la suite de l’interview d’Anne Veillon, enseignante de FLE à Tours (à l’Institut de Touraine) et formatrice de formateurs. Elle nous parle des activités permettant de mieux intégrer ses apprenants à l’environnement culturel.

Pour lire la 1ère partie, c’est ici.

PARTIE 2 : « LE RÊVE ÉVEILLÉ DIRIGÉ »

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T’enseignes-tu (le FLE) ? : Peux-tu nous parler d’un projet que tu as mis en place dans cet atelier ?

Anne Veillon : Dans cet atelier, j’ai proposé un « rêve éveillé dirigé » qui consistait à découvrir le quartier mais les participants ne savaient pas a priori de quelle promenade il s’agissait, je leur ai simplement annoncé qu’on allait faire une balade dans un espace en France. Tout d’abord, j’ai créé une ambiance avec une bougie, de l’encens, une musique douce, du piano. Et après, en fermant les yeux, les participants m’ont écoutée dire un texte correspondant à une promenade. Et ils ont vu apparaître des images de cette promenade, et dans cette promenade, il y avait appel aux sens, je leur ai fait écouter des bruits, la cloche d’une église par exemple, regarder, entrer dans les Halles (voir la vidéo) , sentir les odeurs… Enfin, ils ne savaient pas qu’ils entraient dans les Halles, j’ai simplement dit « un grand bâtiment » avec des étals, etc. Et ensuite, chacun a rouvert les yeux et a raconté les images qu’il avait perçues et le « rêve » qu’il avait fait. Ça, c’était une partie très intéressante et c’était varié. L’atelier, je l’ai animé quatre fois et à chaque fois, on avait des choses très différentes avec certains qui sont « restés » à Tours parce qu’ils ont reconnu quelques éléments du parcours. Et d’autres ont « voyagé » dans des lieux beaucoup plus lointains, en mélangeant plusieurs villes… Voilà !

Le but était donc de s’évader, de « sortir » de l’espace de la classe. Et quand on le fait avec les étudiants, après, on peut aller faire la balade en vrai parce qu’en fait, la promenade qui était racontée dans ce rêve était tout simplement dans le quartier autour de l’école.

T’enseignes-tu (le FLE) ? : D’accord. Et alors, comment ça se passe quand tu le fais avec des étudiants ? Tu leur racontes d’abord l’histoire, ils imaginent les lieux et tu leur dis ensuite « Retrouvez l’itinéraire que je vous ai présenté dans le rêve éveillé ! » ?

Anne Veillon : Voilà. Exactement. Je leur donne un plan du quartier. Alors ils savent que dans le « rêve », ils sont passés là, qu’il faut tourner à gauche, etc. Donc ils vont refaire le parcours, ils vont trouver des éléments comme points de repère, il y avait la basilique Saint-Martin par exemple, ensuite la tour qui était la tour Charlemagne et en tournant à gauche, ils vont retrouver la rue des Halles et au bout de cette rue, ils vont trouver les Halles, et y entrer. Sur le plan que je leur distribue, bien sûr, il y a quelques éléments à trouver comme le nom de la tour, le nom de la basilique, et puis des petites choses à l’intérieur des Halles aussi : les jours où le marché a lieu, la date de construction des Halles, etc. Ça peut être à la fois une activité où ils doivent retrouver des informations en regardant, mais aussi en demandant aux gens.

T’enseignes-tu (le FLE) ? : Donc au fond, le « rêve éveillé », c’est une autre façon de préparer l’activité « intégrative » comme tu l’appelles, l’activité à l’extérieur de l’institution…

Anne Veillon : C’est ça.

T’enseignes-tu (le FLE) ? : Et comment les apprenants réagissent-ils ? Ils aiment bien ?

Anne Veillon : Les étudiants, comme là les profs pour la formation, en général, ils sont très contents parce qu’ils ont passé un moment agréable, ils ont vu plein d’images apparaître, ils se sont promenés. Certains ont du mal à entrer dans le rêve, au début, ils n’imaginent pas grand-chose mais ça finit toujours par marcher. À chaque fois que je l’ai fait avec des étudiants ou avec des enseignants en formation, tout le monde a « vu » quelque chose, « vu », « senti », ressenti des émotions, des sensations. Et c’est tout ça qu’on peut raconter ensuite par petits groupes, à l’oral, ou à l’écrit !

T’enseignes-tu (le FLE) ? : Et quand tu les emmènes comme ça faire le parcours, tu n’as pas peur que certains se perdent ou ne sachent plus revenir à l’école ?!

Anne Veillon : Non, parce qu’on le fait ensemble ! Je suis quand même là. Et puis le parcours est tout petit, il y en a pour 10 minutes en marchant lentement. Sur une séance de deux heures, ça marche.

T’enseignes-tu (le FLE) ? : Ça donne envie d’animer une telle activité ! Donc tu disais que les participants, les enseignants qui étaient là avaient des réactions différentes. Par exemple, comment les gens ont-ils réagi ? Quel retour t’ont-ils fait de ces propositions d’activités ?

Anne Veillon : Il y a eu plusieurs personnes qui m’ont remerciée d’avoir présenté ce travail de toute une équipe, qui ont beaucoup apprécié, qui ont trouvé beaucoup d’idées de ressources pour après les adapter à leur contexte. Et puis le « rêve » c’était, comme je le disais, un moment agréable, différent parce que la majorité des participants ne connaissaient pas ce type d’activités. Il y en a beaucoup qui ont découvert, donc je pense qu’ils ont trouvé ça intéressant, ça leur a donné envie de le reproduire et de l’adapter avec leurs étudiants.

T’enseignes-tu (le FLE) ? : D’accord, donc plein de motivation a été suscitée…

Anne Veillon : Oui, j’espère, c’était le but ! Et c’est aussi un moment d’échanges. On n’a pas eu beaucoup le temps mais on a eu un petit moment de partage, d’échanges sur tous les échos que cela faisait par rapport à d’autres activités qu’ils pratiquent aussi.

T’enseignes-tu (le FLE) ? : Très bien, on te remercie pour toutes ces idées que tu partages aussi avec T’enseignes-tu ?. Merci beaucoup de la part de tous les lecteurs du site !

Anne Veillon : Merci beaucoup aussi à vous !