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VOYAGE À L’INTÉRIEUR DU CERVEAU : CONNAISSEZ-VOUS LES RÉSEAUX SÉMANTIQUES ?

Réseaux sémantiques ?

Les réseaux sémantiques, nous y voilà. Dans notre tête, le sens ne se construit pas seul, mais toujours en relation avec d’autres unités de sens connues. Par exemple, si je parle d’un lion, c’est associé, dans mon esprit, à la savane, à la chaleur, la crinière, la couleur ocre, bref, tout un panel d’unité de sens qui sont en relation avec des unités de sens connectées et des expériences sensorielles : il ne s’agit pas seulement de mots, mais bien d’un ensemble d’expériences qui vont créer l’intégralité du sens du mot “lion” dans mon cerveau. Notez bien : tous les sens sont en action ! Pas uniquement l’ouïe et la vue, bien que nous ne puissions souvent avoir prise que sur ces 2 sens dans un contexte d’enseignement.

Si je vous dis blanc, boire, vache, (suspense, fermez les yeux et pensez à ces mots 10 secondes), il y a fort à parier que vous pensez… au lait. C’est un mot qui est connecté aux autres, et donc le premier à surgir lorsque j’évoque les trois premiers. Cela fonctionnerait de la même manière si je vous faisais toucher du froid, sentir une fraise, et vous montrais un cône : vous penseriez “glace à la fraise”.

Tout fonctionne comme un immense réseau de sens et sensations associés les uns aux autres. Et celui-ci nous est intrinsèquement personnel. Chaque  réseau sémantique est unique : peut-être avez-vous pensé à l’astrologie ou à une barre chocolatée lorsque j’ai évoqué le lion ? Ou à une histoire que vos parents vous lisaient, ou à votre dernière sortie au zoo, un dessin animé… Toutes nos expériences nourrissent nos réseaux sémantiques.

Réseaux sémantiques et apprentissage :

fashcardRevenons à l’apprentissage du lexique : la mémorisation mot-traduction est bien la mise en relation d’un mot avec une unité de sens connue. C’est donc une technique intéressante. Les flashcards aussi associent un mot (ou son image sonore) avec une image : cela associe donc des unités de sens également.

L’inconvénient majeur du mot-traduction est qu’il ne met pas de mots de la langue-cible en relation entre eux. Comme s’il fallait sans cesse changer de bâtiment pour passer d’une langue à l’autre, même pour passer de “vache” à “lait” par exemple. Cette méthode n’est donc pas suffisante en soi.

Les flashcards montrent vite leurs limites, car elles ne peuvent représenter que le concret et le symbolique. Leur avantage est par contre de “donner envie” : avec une carte mentale, en cours, on a envie d’ajouter un bruit, un mime, le mot prononcé, une anecdote… tout ceci renforce la mémorisation du mot en élargissant le réseau sémantique qui y est associé.

L’autre limite est bien entendu le manque de contextualisation : plus un mot sera contextualisé, plus on va tisser de liens autour de lui et donc favoriser sa résurgence dans divers contextes. Je m’explique : si j’apprends le mot “chaise” seule : je vais retenir un son, une orthographe, un objet isolé. Si je l’apprends dans un contexte, par exemple en le plaçant dans la phrase “ne mets pas tes pieds sur la chaise, c’est pour s’asseoir !”, alors le mot chaise sera un son, une orthographe, un objet isolé, mais aussi un usage, une injonction, un objet qui a une relation avec mon vécu (enfin… peut-être !) donc avec une émotion. Non pas qu’il faille retenir la phrase, mais sa présentation dans cette phrase réveillera plus de réseaux dans mon cerveau, et nécessairement, associera le mot “chaise” à d’autres branches.