test-test

L’objectif de cet article ne sera pas une analyse approfondie du fonctionnement de la conjugaison française et plus particulièrement du présent de l’indicatif. Pour cela, je vous renvoie à un très bon article en ligne de Christian Surcouf accessible en ligne :

Conjugaison en FLE: comment réduire les difficultés engendrées par l’orthographe?

Je vous renvoie également à la référence dans les ouvrages grammaticaux à la disposition des enseignants; j’ai nommé “La grammaire des premiers temps” .

Pour ma part, je vous propose dans cet article de mettre à jour les problématiques et questionnements qui sont venus traverser mes expériences d’apprenante native et d’enseignante de FLE et qui m’ont conduite à adopter définitivement l’enseignement-apprentissage de la conjugaison du présent par les bases phonétiques. Je vous propose ensuite de partager un outil de travail qui, je l’espère, pourra vous être utile.

Alors passons en revue ces points cruciaux …

Constat 1 : Enfant, je n’ai jamais rien compris aux groupes des verbes

Je suis de langue maternelle française, et pourtant, j’ai un douloureux souvenir de l’apprentissage de la conjugaison, des remarques constantes sur une soi-disant “non-maîtrise” de celle-ci et notamment pour le présent. Pourtant, je ne lésinais pas sur l’apprentissage par cœur de ces tableaux de conjugaison : si j’arrivais à comprendre la logique des verbes du 1er groupe, je commençais à douter sur le 2ème groupe et à ne rien comprendre à ce 3ème groupe fourre-tout.

Avec le recul aujourd’hui, je comprends mes propres difficultés car on ne me demandait absolument jamais de comprendre et/ou d’acquérir une compétence. Je devais apprendre quelque chose qui ne faisait pas sens pour moi.

incompréhension

Constat 2 : Mes apprenants (même de niveaux avancés) commettent encore des erreurs sur le présent sans pouvoir se corriger par eux-mêmes.

Je suis à peu près sûre que vous avez tous rencontré dans vos classes des apprenants avec un très bon niveau linguistique qui continuent à hésiter, à se tromper sur des conjugaisons au présent de l’indicatif. Lorsque j’utilisais la classification la plus répandue de la conjugaison (1er groupe, 2ème et 3ème groupe), j’étais souvent démunie pour les amener à se corriger eux-mêmes. Je me suis même entendu prononcer une de ces phrases incroyables : “tu devrais connaitre cette conjugaison! (enfin!)”

Mais que leur dire, à part que ce n’est pas la bonne conjugaison, que ce verbe fait partie du 3ème groupe qui n’a aucun sens même pour moi (qui jette un œil à mon Bescherelle !) ? Vous avouerez que c’est un peu limité et peu satisfaisant autant pour l’enseignant que pour l’apprenant !

Constat 3 : j’ai découvert une logique en classifiant les verbes par bases phonétiques

Un jour, ô miracle, j’ai découvert « La grammaire des premiers temps » et par la même occasion une nouvelle manière de classifier ces affreux verbes ! On me présentait donc une approche fonctionnelle qui s’appuyait sur l’oral pour en ressortir ensuite des régularités à l’écrit, une approche qui à mon grand plaisir pouvait devenir très visuelle avec des tableaux et des jeux de couleurs, et qui me permettait de donner de l’autonomie à mes apprenants.

Cerise sur le gâteau : plus besoin de ne pas oublier mon livre de conjugaison pour savoir si une verbe faisait partie de tel ou tel groupe, puisqu’en un instant (en me basant sur mon oral)  je peux dire à mes apprenants le nombre de bases pour un verbe ou un autre.

logique conjugaisons

Constat 4 : Une démarche autonomisante et collaborative à portée de conjugaison

En présentant les verbes par leur base phonétique, les apprenants apprennent à réfléchir à partir d’un verbe modèle (1 base, 2 bases, 3 bases). Lorsqu’ils se “trompent” sur une conjugaison, il est plus aisé de leur rappeler le modèle et le nombre de bases pour les amener à se corriger. Plus encore, cette réflexion peut être collective et c’est l’ensemble du groupe qui peut venir appuyer un camarade pour une conjugaison (et non plus l’enseignant).

  • Voici un exemple concret :

L’étudiant X fait la phrase suivante :  « Ils pouvent rentrer à 23 h avec l’autorisation de leurs parents » 

=> L’enseignant reprend l’erreur :  Attention “POUVOIR” est un verbe à 3 bases ! Qu’est-ce que cela signifie 3 bases ?

=> Collectivement les apprenants se rappellent la chose suivante : 1 base singulier / 1 base nous et vous / 1 base pour ils. elles

=> L’enseignant fixe au tableau de la manière suivante :

3bases-phonetiques

=> une fois à ce stade, soit les apprenants peuvent se corriger eux-mêmes, soit ils ont besoin de repasser par le verbe modèle, l’objectif étant de retrouver ces bases (les terminaisons ne sont pas un problème) :  Peu / pouv / peuv

Constat 5 : les bases phonétiques n’excluent pas un apprentissage des terminaisons et des irrégularités.

Tout est dit dans le titre. Bien sûr qu’apprendre à conjuguer demande de mémoriser les terminaisons et que certains verbes feront toujours comme bon leur semblent. Cependant, présenter un système présentant une logique aide vraiment l’apprentissage. Enfin, les apprenants peuvent s’approprier un système qui fait sens et leur permettra de gagner en autonomie à l’oral notamment.

Un tableau récapitulatif

Comme je le disais en introduction, il existe de très bons outils qui présentent cette démarche et proposent des outils inductifs pour que les apprenants découvrent par eux-mêmes ce fonctionnement. Le tableau que je vous propose ne répond pas à cet objectif de découverte, d’explications, de compréhension du système. Au contraire, je l’introduis quand les apprenants ont découvert l’ensemble du présent (1 à 3 bases). Avant tout cela, nous avons décortiqué, classifié et prononcé bon nombre de fois en classe.

L’outil que je vous partage ici est plus un outil bilan, un outil de travail individuel pour les apprenants sur lequel ils pourront prendre des notes et compléter la classification des verbes.

Ne trouvant pas de tableau récapitulatif synthétisant mes attentes, j’en ai donc créé un (avec toutes les imperfections que vous lui trouverez). En tous cas, pour certains de mes étudiants, ce tableau est devenu un incontournable qu’ils complètent à loisir.