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Mon mémoire

Je souhaite ici partager les résultats d’un mémoire que j’ai eu à réaliser dans le cadre de mon Diplôme d’aptitudes pédagogiques à l’enseignement du FLE, offert par l’Institut français d’Amérique Latine (IFAL) et le Centro de enseñanza de lenguas extranjeras de l’Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM).

Ce texte s’adresse donc aux nouveaux profs ou encore aux « vieux » qui envisagent d’intégrer les TICEs dans leur pratique d’enseignement pour la première fois.

Mon mémoire avait pour thème « les TICEs comme vecteur de motivation des apprenants adolescents envers l’apprentissage du FLE« . Ma question de départ était : comment les outils liés aux TICEs (blog, forums, clavardage, vidéoconférences, réseaux sociaux, etc.) peuvent être exploités de façon à développer la motivation des étudiant(e)s en contexte scolaire ?

Contexte

Beau contrat, me direz-vous ! En effet ! À l’époque, j’enseignais le FLE dans un collège privé catholique pour filles de la ville de Mexico. Contexte donc : filles de familles aisées, souvent peu motivées à la base par l’apprentissage du français (matière obligatoire), doublé de la variable de l’âge (adolescentes) et de la dynamique particulière aux écoles non-mixtes (bonjour l’intimidation, les relations malsaines, les ragots, etc…). Belle ambiance !

L’a priori de départ de cette recherche était que « les adolescents sont nés avec une souris dans la main », et que donc, l’intégration des TICEs aurait des conséquences positives à l’apprentissage d’une langue étrangère dans la mesure où cela permettrait de diminuer le filtre affectif (le blocage mental qui rend difficile l’apprentissage d’une langue étrangère). Ceci dit, il semble que l’ »edutainment » (éducation et divertissement) rejoint plusieurs générations. En effet, la littérature qui aborde la question des TICEs comme facteur de motivation envers l’apprentissage parle de ses effets motivants auprès d’apprenants de différents âges. Certains auteurs soulignent que, peu importe la discipline, l’utilisation de l’ordinateur suscite un plaisir accru chez l’apprenant et l’apprentissage est alors perçu comme important. Mais bon, les ados seraient, selon mon préjugé de départ, un terrain particulièrement fertile à la réalisation d’un tel projet.

Mise en place

J’ai donc mis sur pied différentes activités : un blog commun avec une école québécoise, un groupe Facebook, des activités intégrant les TICEs en salle de classe (webquest sur la francophonie, travail autour d’une vidéo visionnée sur Youtube, travail sur des activités de conjugaison en ligne, etc.). J’avais deux mois devant moi pour réaliser le projet. C’est court, vous pensez ? Oui, et c’est là où le bât blesse. Compte tenu des impondérables du contexte scolaire : séances de 50 minutes, faire l’appel, donner des devoirs, les corriger, obtenir un silence (minimal) nécessaire à la réalisation du cours… Sans compter les problèmes techniques (sites constamment bloqués, technicien informatique peu collaboratif, connexion lente…). Deux mois, c’est le temps minimal à l’implantation du projet, à la réalisation de la première phase. Il aurait fallu, à la lumière des critiques de cette première partie, réajuster le tir dans un deuxième temps.

Des recommandations, ou si c’était à refaire…

D’une part, évitez la multiplication des idées géniales. Commencez par une. Prenez le temps de bien la structurer. Lisez, explorez, essayez par vous-mêmes d’abord. Cela permet de faire un meilleur choix d’outils et les utiliser de manière plus optimale. Par exemple, au lieu d’un groupe Facebook, j’aurais pu choisir d’utiliser une page, qui permet aux abonnés de recevoir les annonces dans leur fil d’actualité, et donc de mieux participer. À l’activité du blogue commun, on aurait aussi pu intégrer les vokis qui rejoignent l’intérêt des ados pour les mangas et en même temps ajoutent du dynamisme à la chose blogue. Sans compter les possibilités d’ajouter du contenu audio, ou vidéo.

Encore faut-il s’assurer d’avoir la marge de manœuvre nécessaire à la réalisation d’un projet semblable. Le contexte scolaire, du moins au Mexique, n’a pas toujours la flexibilité nécessaire à l’intégration des TICEs : technologie, budget, temps, contraintes institutionnelles…

Les TICEs ne font pas disparaître les problèmes de motivation d’un coup de baguette magique en faisant des petites étoiles dans un nuage de fumée. Évitez de monter un projet TICEs avec l’objectif de régler des problèmes précis de motivation. Agissez en amont, structurez votre cours dès le début avec un univers TICEs, si possible. Sinon, prévoyez du temps. Pas de presse ! Les problèmes de discipline, qui étaient à l’origine de mon intérêt à monter ce projet, ne s’évaporent pas devant la possibilité de faire un truc potentiellement « cool » dans le cours de français. Avec le temps, peut-être que cela aurait eu des effets. Mais ce n’est pas une petite pilule rose qui fait sourire tout le monde après 15 minutes.

Forte de ces constats, l’idéal aurait donc été de poursuivre le projet en en modifiant les éléments bancals pour pouvoir avoir de meilleurs résultats. Je n’ai pas pu. J’ai quitté l’école pour cause de maternité. Si je le fais, ce sera ailleurs, dans un autre contexte. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », disait Lavoisier.

 

Les TICEs ne sont pas une panacée, certes. Mais, les TICEs sont un chouette outil qui peut ajouter des petits plus à une dynamique d’enseignement-apprentissage, en autant que les éléments sont réunis pour qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes… et de nous-mêmes.