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Nous vous proposons une petite réflexion sur les stratégies d’apprentissage du vocabulaire.

Grâce aux pédagogies communicatives et actionnelles, la “rencontre” des mots, expressions se fait naturellement, en pratiquant la langue-cible en réception, production et interaction, écrites et orales. Les phases estampillées “de réutilisation” proposées par les enseignants sont aussi là pour aider à la mémorisation du vocabulaire et donc à sa réutilisation. (Voir l’article d’Hélène : La pratique du jeu en classe : Le jeu et vocabulaire, pour s’amuser en apprenant).

Toutefois, les ouvrages dédiés au vocabulaire, certains contenus de manuel parfois, ou encore des blogues pédagogiques proposent parfois des listes de vocabulaire. Et nous, enseignants, en donnons également en cours… en espérant que cela aidera les apprenants, qui les apprendront… Espoir souvent déçu ! Alors, la faute à qui : à l’apprenant ou à la liste ?

Mieux mémoriser le vocabulaire

vocabulaireToute la pratique de la langue mise en place à travers la communication et les tâches menées en classe (ou parfois hors-classe à l’aide des blogues ou des plateformes de cours) permettent de rencontrer beaucoup de vocabulaire en contexte, ce qui est très important : il est plus facile de comprendre des mots inconnus dans leur contexte d’utilisation, plus facile aussi de les mémoriser et donc de les réutiliser.

Il est également nécessaire pour mémoriser des mots de les rencontrer et de les utiliser de nombreuses fois et ces pédagogies apportent beaucoup dans ce sens.  Mais tout cela prend du temps et il devient alors parfois nécessaire de trouver des techniques pour aller plus vite dans la mémorisation du vocabulaire.

La liste de vocabulaire

La liste de vocabulaire peut-être intéressante dans les premiers temps de l’apprentissage, lorsqu’on n’a pas encore rencontré beaucoup de mots. Elle est utile aussi si le but est de passer un examen ou si on a momentanément besoin de quelques mots pour une situation spécifique (aller à un rendez-vous médical pour un problème de santé particulier, par exemple; on peut alors chercher quelques mots dans un dictionnaire et les noter/les apprendre par cœur).

Toutefois, quand on commence à avoir beaucoup de mots sur la liste, cela devient très compliqué : la liste devient trop longue (et fatigante ?) à mémoriser… De plus, il faudrait pouvoir ajouter pour chaque mot ses différents contextes d’utilisation et les différentes structures syntaxiques, qui changent aussi selon le sens du mot.

Par exemple, le verbe « prendre » en français à de nombreuses utilisations : on peut prendre un verre (= boire un verre d’alcool), prendre un coup (de poing, de pied…), prendre la porte (s’en aller fâché), prendre (« ce qu’il a pris ! » = il a reçu des coups ou des remarques blessantes), etc.

Dans ces conditions, la liste devient trop complexe à réaliser et plus du tout pratique à utiliser… et il faut le dire, un peu ennuyeuse…

D’autres idées pour mémoriser du vocabulaire

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Pour mémoriser, il faut que quelque chose se passe dans notre tête, au niveau cognitif : les mots nouveaux déclenchent une émotion (intérêt, surprise, curiosité…) ou bien ils font partie d’une réflexion. C’est en étant actif que l’on mémorise le mieux !

  • Trier et classer

Pour accélérer la mémorisation par l’activité cognitive, on peut par exemple trier et classer les nouveaux mots et le contexte dans lequel on les a vus, par catégories. On peut se dire par exemple : « Tiens cette semaine j’ai rencontré pas mal de mots qui expriment la baisse / l’augmentation, qui expriment la cause / la conséquence, qui expriment la difficulté ». Nous pouvons alors proposer aux apprenants des catégories ou bien de créer leurs propres catégories à l’aide de papier ou d’un ordinateur : il suffit de tracer des colonnes et ranger ces mots dans les catégories qu’ils auront créées.

  • Utiliser le contexte de rencontre

Il est très important de trier et ranger à sa manière, mais aussi d’inclure le contexte / la situation dans lesquels les mots ont été rencontrés : dans la catégorie « exprimer l’augmentation », vous pouvez mettre « la production pétrolière des États-Unis a doublé depuis 2007 » par exemple. Vous pouvez alors mémoriser que « doubler » peut s’employer pour exprimer l’augmentation dans un contexte industriel ou économique, ce qui vous aidera à réutiliser ce mot plus tard dans la bonne situation.

Cela peut aider également à mémoriser la construction grammaticale du verbe dans la phrase, ce qui est aussi primordial pour réutiliser le mot efficacement.

  • Utiliser le contexte culturel

Certains mots ou expressions restent difficiles à comprendre et mémoriser dans le cadre d’une phrase. On peut alors aller chercher leur sens d’origine et chercher à comprendre pourquoi on dit comme cela. Par exemple, pour l’expression « c’est galère », dans, au hasard, la phrase… « apprendre du vocabulaire, c’est galère », on mémorisera mieux cette expression nouvelle si on cherche des informations sur « galère ». C’était un bateau utilisé dans l’Antiquité, que des esclaves faisaient avancer en ramant jusqu’à l’épuisement.

Grâce à cette recherche sur l’origine du mot, il devient alors plus facile de comprendre l’expression et donc de la mémoriser. L’activité de recherche, comme celle de tri et catégorisation, laisse une trace dans la mémoire !

  • Les cartes heuristiques ou « mind mapping« 

Cette technique est très intéressante pour mémoriser du vocabulaire : vous faites une carte qui va représenter visuellement une partie de vos connaissances de vocabulaire. Pour réaliser la carte, il faut être actif : trier, classer, relever les contextes dans lesquels les mots ont été rencontrés, tracer des branches pour représenter les relations entre les mots… En outre, chaque personne réalise sa carte à sa façon, ce qui facilite aussi la mémorisation car la mémorisation est un processus fondamentalement personnel.

Marrion Charreau - source : territoire des langues

Carte heuristique extraite du site de Marion Charreau : Territoires des langues 

Cette carte vous donne un exemple intéressant (et joli, mais ce n’est pas obligatoire) de ce que l’on peut réaliser en cartes heuristiques ou « mind mapping » pour mémoriser du vocabulaire. Marion Charreau, auteure de cette carte, a parfois utilisé des dessins plutôt qu’un contexte / une phrase. On peut bien sûr ajouter des dessins, mais le contexte de rencontre du mot ou de l’expression reste primordial dans l’apprentissage du vocabulaire d’une langue étrangère.

Et  vous ?

Utilisez-vous déjà cette technique, pour enseigner le français ou une autre langue  ? Avez-vous d’autres techniques personnelles pour (faire) mémoriser du vocabulaire efficacement ?

Si oui, partagez-les !

Pour continuer la  réflexion :

  • (Se) construire un vocabulaire en langues, Groupe français d’éducation nouvelles (GFEN), Editions Chronique Sociale

  • Enseigner le vocabulaire autrement, Eveline Charmeux, Editions Chronique Sociale