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Phonétique ?

L’objectif de ce court billet réside plus que jamais en votre participation afin de mutualiser des pratiques autour de l’enseignement de la phonétique.

Mon propos consiste simplement à vous faire part de pratiques en espérant que vous viendrez les enrichir.

 

Les attentes de l’enseignant : positionnement personnel ?

Soyons clairs, je parle espagnol tout en conservant un accent français, que je m’efforce, bien sûr,  de gommer un peu plus chaque jour.  Cependant,  il existe et ne m’empêche en aucun cas de vivre dans un pays hispanophone. Ainsi, ma pratique personnelle fait que je n’attends pas de mes apprenants une prononciation identique à celle d’un natif. Le monde serait triste sans accents.

 Mon rôle ne reste pas moins de les accompagner dans l’acquisition des sons français. De fait, j’insiste majoritairement sur les prononciations qu’ils peuvent reproduire avec la pratique que sur des sons qui sont pour certains beaucoup plus difficiles à acquérir et qui pourraient devenir une source de blocage.

Clairement, je suis moins exigeante sur la prononciation du [ r ] que sur les nasales qui sont nécessaires à l’intercompréhension.

 

Progression

J’essaie de toujours conserver une approche partant de l’écoute des sons, passant par  leur distinction et aboutissant à leur production. Je propose donc des activités de phonétique auditive dans un premier temps. Outre les exercices que vous pouvez trouver dans de nombreux manuels, pensez au site phonétique.free

 

L’humour et quelques « trucs » récurrents :

Afin de créer certains automatismes chez les apprenants, j’utilise des références visuelles et auditives leur permettant ainsi d’associer un son à une image qu’ils retiennent facilement. Quelques éléments en vrac :

  • Le [ ə ] est associé dès le début de l’apprentissage  à un son paresseux et mou , j’engage le corps dans sa prononciation (relâché) tandis que le [ e ] est présenté comme stressé et tendu. Il est amusant de voir que les apprenants reprennent ce même geste quand ils focalisent  leur attention sur ces prononciations.
    J’imite également  beaucoup le francophone qui hésite en disant « euhhh »  (C’est d’ailleurs génial de voir des apprenants qui réussissent à remplacer le « este » d’hésitation par le « euh » dès qu’ils parlent français)

 

  • De même pour les nasales, le [ ɛ̃ ] devient synonyme de sourire, (qui oblige à fermer la bouche et qui se note facilement au tableau),   le [ ɑ̃ ] implique une bouche très ouverte et le [ ɔ̃ ] très arrondie.  L’exagération leur permet de réussir à prononcer correctement et de retenir des traits phonétiques en s’amusant.Pour être tout à fait honnête,  je n’enseigne pas de différence de prononciation entre [ ɛ̃ ]et [ œ̃ ],  j’estime que s’ils prononcent l’un ou l’autre, ils seront tout à fait intelligibles et c’est là mon objectif. Vous pouvez en désaccord avec ce point mais je ne suis même pas persuadée de les distinguer si clairement dans ma propre pratique.

 

  • Pour les hispanophones, la prise de conscience de la position des lèvres est importante pour différencier B/V.  Les lèvres se touchent ou ne se touchent pas (j’associe également des images telles que la bombe et le vent)

 

  • De même, je les encourage  à prendre conscience des vibrations produites ou non pour [S] et [Z] : le fait de poser la main sur sa gorge permet de bien différencier les deux.

 

  • Dans la même idée, une feuille papier sous le nez doit vibrer quand on prononce une nasale.

 

  • Pour les familiariser à l’importance de l’intonation, un de mes jeux préférés consiste à leur parler en espagnol avec l’intonation française très marquée et inversement en français avec une intonation mexicaine. Le rire provoqué est une bonne façon de les encourager à travailler cette composante mais aussi de leur démontrer que l’acquisition de la  prononciation ne repose pas que sur des sons isolés.

 

  • Enfin, un point important :  quand  un apprenant s’arrête au milieu d’une phrase parce qu’il pense avoir très mal prononcé, je l’encourage à continuer du moment que nous nous sommes compris. Le travail sur la prononciation viendra plus tard…

 

Conclusion qui n’en est pas une…

Je n’invente rien dans ce billet et ne suis pas exhaustive sur l’ensemble de mes pratiques,  je souhaite simplement  illustrer ce que peut donner l’application des théories phonétiques.

Finalement, je tente de ne jamais mettre mes apprenants dans une situation désagréable face à la prononciation.

Je reste persuadée que si ce n’est pas pas ce que j’avais vécu dans mon apprentissage des langues, je ne me sentirais pas aussi mal à l’aise en anglais alors que mes interlocuteurs me comprennent et adorent mon « french accent ».

Et encore une fois, j’attends avec impatience de découvrir vos pratiques .