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La correction des productions écrites occupe une grande partie de notre travail, et ce n’est pas toujours celle qu’on préfère, avouons-le ! Nous avons tous nos petites manies : cela peut aller de la couleur du stylo qu’on affectionne aux codes qu’on utilise pour différencier le type d’erreur. Trois auteurs de T’enseignes-tu? vous livrent certaines de leurs pratiques qui peuvent être mutualisées, plus ou moins efficaces, mais qui nous permettent de repenser ce moment-clé de la correction de copies.

Pauline LG.  corrige…

En fonction du type de production écrite et de l’enjeu de l’évaluation (formative ou certificative), je passe plus ou moins de temps sur chaque copie. Pour les productions que j’évalue formativement, j’essaie le plus souvent d’utiliser un code couleur (avec des feutres fins de couleurs bien différentes) pour distinguer les types d’erreur (morphosyntaxe/cohérence/ lexique/orthographe lexicale ou d’usage) et que les apprenants puissent voir dans quel domaine ils ont plus de lacunes. J’explique ce code lors de la première production et l’idée est que les apprenants se l’approprient, ce qui prend parfois du temps… En haut de la copie, je mets aussi toujours un commentaire mélioratif global : en commençant par un aspect positif (ça motive toujours!), puis avec un petit signe !Attention! j’indique un ou deux points essentiels à corriger en priorité (soit parce que l’erreur a été reproduite très souvent dans la copie, soit parce qu’elle portait sur un des objectifs linguistiques de la tâche et que ce point n’est pas maîtrisé). Enfin, j’encourage tous les étudiants à réécrire (parfois plusieurs fois) leur production “au propre” en intégrant les corrections et commentaires.

correction de copie

Crédits photo: Sébastien Durietz – Pauline Lopez Guzman

Sebastien D. corrige…

De mon côté, j’ai eu la chance d’enseigner à des apprenants B2 (B1 qui devaient acquérir le niveau B2) un cours d’écrits argumentatifs. Ces apprenants voulaient ensuite intégrer, pour la plupart, des cursus français en université ou dans des écoles d’art. Avec eux l’enjeu était de les initier aux écrits académiques tout en essayant de leur faire acquérir un meilleur contrôle grammatical et une plus grande autonomie. J’ai mis en place un code de signalement d’erreur purement linguistique et je revoyais avec eux individuellement ou en grand groupe les maladresses d’expression, les erreurs d’organisation etc.

Comme mes apprenants n‘étaient pas habitués à se corriger eux-mêmes, il a fallu intégrer le code progressivement pour ne pas les décourager. J’ai commencé par les erreurs de conjugaison, d’orthographe et de syntaxe en soulignant les passages à corriger et en mettant dans la marge le code qui signalait le type d’erreur. À la fin du semestre, je ne soulignais plus rien : je ne mettais que les codes dans la marge et indiquais ainsi toutes sortes d’erreurs : temps, négation, articles, accord… Eux avaient en permanence sous la main la liste des codes utilisés. Cette méthode n’est sans doute ni parfaite, ni adaptée à tous les publics mais elle avait l’avantage de travailler l’autonomie linguistique, le contrôle grammatical, l’habitude de la relecture et surtout elle amenait les apprenants à revoir leurs textes.

Céline M. corrige…

Comme je passe mon temps à perdre ou oublier mes stylos et mes feutres un peu partout : pas de codes couleurs pour moi (même si dans l’idée j’adorerais je le faire). Cependant, je m’interdis de corriger en rouge que je trouve très scolaire et un peu traumatisant, je choisis du vert, du orange ou ce qui me tombe sous la main. J’essaie de donner à mes apprenants en début de formation un guide des abréviations que j’utilise pour qu’ils repèrent le type d’erreurs signalées. Par exemple :

  • La croix (X) me permet de signaler l’oubli d’un mot, très souvent un article d’ailleurs.
  • Des abréviations du type “conj”  / “ortho”  etc. ne sont pas toujours limpides si non expliquées.
  • J’entoure des accords erronés et souligne (deux traits) quand un accord manque (accompagné en début de cours de l’abréviation “acc.”

L’objectif est que ce code devienne limpide avec la pratique, donc je ne fais jamais de corrections moi-même sur les copies car cela n’apporte rien aux apprenants (selon moi) puisque mon objectif est de les accompagner dans un processus de correction. Je vous renvoie d’ailleurs à mon article sur l’autocorrection.

Enfin, lorsque je dois noter ces productions, je m’efforce de fournir une grille (type DELF) pour que le résultat soit le plus lisible possible pour les apprenants. Avoir connaissance du barème leur permet de pouvoir se positionner en fonction des attentes, suivant leur niveau ou ce que nous avons travaillé dans une séquence. Ces barèmes sont ultra adaptables et permettent de faciliter l’échange autour de la note et de sa fonction.

 En conclusion, ils corrigent…

Voici donc quelques exemples de nos pratiques de correction à l’écrit qui visent notamment à développer la prise de conscience et l’autonomie des apprenants dans leur processus d’apprentissage. N’hésitez pas à partager vos propres habitudes de correction dans les commentaires de l’article ou sur les réseaux sociaux.