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oral en classe de FLE Comment corriger les apprenants dans leurs interactions en classe et, lors de leurs prises de parole de manière plus individuelle ? Comment les corriger sans jamais les limiter dans leur effort de production ? Comment mettre en place des repères et les amener à s’auto-corriger ? Voilà peut-être les questions récurrentes qui viennent à l’esprit lorsque l’on parle de la correction de l’oral.

Plus personnellement, j’essaie très souvent de prendre du recul sur mes pratiques de correction  afin de vérifier leur validité, de les ajuster si besoin, toujours dans le but d’assurer un cadre d’expression rassurant et bienveillant tout en guidant les apprenants vers un degré de correction plus important.

Je vous propose donc dans cet article de partager avec vous ces réflexions, qui ne sont sans doute pas innovantes mais qui auront le mérite de mettre le questionnement en avant et, je l’espère, de l’enrichir grâce à vos commentaires.

1/ Correction de l’oral : adapter sa correction à ses objectifs

L’enseignant n’adoptera pas les mêmes mécanismes de correction lors d’une activité de production partielle suite à un point de grammaire traité en classe que lorsque les étudiants travaillent sur un projet collectif dans lequel de nombreuses autres stratégies sont abordées et où l’objectif communicationnel et actionnel prévaut.

Rien n’empêche pendant des activités collectives, de corriger partiellement, d’accompagner l’intercompréhension entre apprenants et d’utiliser son tableau comme un lieu de notes, de reprises et de précisions lexicales ou grammaticales.

Dernier point : avec des niveaux débutants, je me concentre sur les formulations qu’ils doivent maîtriser mais rien n’empêche de répéter une formulation plus complexe sans rien  leur demander de plus, simplement en vue de les exposer à des constructions qu’ils rencontrent de toute manière à l’extérieur de la classe.

2/ Correction de l’oral : ne pas tout  corriger

Voici la seconde évidence que je vous sers et pourtant il me semble bon de le rappeler car lorsque l’on atteint des niveaux plus avancés, la question se pose vraiment pour moi. Certaines erreurs récurrentes à des niveaux B2-C1 qui relèvent d’une erreur qui s’est cristallisée  depuis le début de l’apprentissage viennent parfois altérer un discours pourtant construit.

L’objectif pour l’enseignant est toujours de cibler suivant le niveau et les points travaillés en classe ce qu’il corrigera systématiquement ou non. Ajoutons à cela que des erreurs qui gênent la compréhension seront pourtant corrigées, elles peuvent parfois donner lieu à un travail ponctuel de remédiation soit pour l’ensemble du groupe soit pour un apprenant en particulier, soit en petits groupes.

3/ Correction de l’oral : quand corriger ?

corriger-FLEQuestion essentielle, qui revient souvent dans ma réflexion : ai-je trop coupé la communication ou au contraire pas assez corrigé ?

  • Pendant ?

Il  m’arrive parfois de répéter, reprendre un mot ou une expression lors d’un énoncé. Même si je pense qu’il vaut mieux l’éviter pour ne pas faire perdre le fil à un étudiant, parfois cela me parait cependant nécessaire (soit parce que je n’ai pas compris, soit parce que le groupe ne comprend pas – comme dans le cas de l’intégration d’un mot en langue maternelle – soit parce que je sais que l’apprenant peut s’auto-corriger facilement) . Je mets donc en place dans ce cas des procédés de questionnement, de gestuelle ou de répétition. Mon intérêt est de me positionner pour que l’apprenant prenne mon intervention comme un support et non pas comme une limite.

  • Après ?

Solution préférée quand l’erreur ne gêne pas la compréhension du groupe, la reprise est alors un enrichissement, une manière de retravailler ou remémorer un point de grammaire, phonétique etc.Sans les aborder en détails, de nombreux moyens sont à la disposition de l’enseignant pour faire ce travail collectif de remédiation (inter-correction, réflexion collective etc.)

4/ Correction de l’oral : favoriser la correction par les pairs

Voici un des axes que je travaille prioritairement, mettre en valeur la capacité des apprenants  à se corriger dans un cadre bienveillant, cela s’entend. Même si un apprenant en corrige un autre, je pense que ce mécanisme les place dans un processus d’autonomisation : l’enseignant n’est pas intervenu et collectivement, ils ont produit des énoncés intelligibles et corrects. Mettre en place cette correction collective demande à l’enseignant d’encourager la démarche. Dans cette optique, avant de donner un mot à un étudiant, j’ai toujours recours aux connaissances du groupe «  Quelqu’un peut l’aider ? Qu’est-ce que tu veux exprimer ? » : c’est souvent le groupe qui peut venir compléter, détailler et donc aider.

La réflexion est alors collective et l’enseignant peut se mettre en retrait, validant ou non les pistes fournies par les apprenants.

5/ Correction de l’oral : mettre en place une gestuelle favorisant l’autocorrection

Au lieu de couper la parole à un apprenant en pleine production, nous avons une autre forme de communication qui permet de lui signaler et qui lui permet de repérer une erreur et donc de la corriger.

Je vous laisse imaginer mes grimaces indiquant les nasales, la douleur que j’exprime quand le subjonctif que nous venons de travailler n’est pas utilisé, mes indications pour les sons finaux muets, et j’en passe !

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