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 Une possibilité de pédagogie différenciée réaliste: pratique

Dans un précédent article un descriptif assez important était dressé concernant une forme de travail en binôme. Article complémentaire sur la portée, l’état d’esprit de l’exercice, et bien sûr des retours de pratique (en l’occurrence la mienne).

Portée/objectifs de la démarche en binômes

écrireLa plupart du temps les groupes d’apprenants sont constitués en fonction des niveaux de départ. Or chacun sait que pour un même niveau certains apprenants ont déjà le niveau visé dans une ou plusieurs compétences, et que ces compétences varient en fonction des personnes. De la même manière, tous n’ont pas les mêmes lacunes et besoins grammaticaux en terme de rappels. Enfin les vitesses de progressions (observées, attendues et réelles, qui peuvent aussi être un critère de constitution des groupes) sont parfois très différentes. En donnant un temps de travail et une organisation par deux, les objectifs visés sont les suivants :

  • Eviter au maximum que des étudiants s’isolent, perdent pied, grâce à la présence d’un camarade, de ses encouragements et des échanges entre le Binôme et l’enseignant.
  • Permettre à l’enseignant de prendre conscience des lacunes plus spécifiques de chaque apprenant : chacun peut dissimuler ses difficultés un temps, et même si ce temps est court il est préférable de saisir le plus vite possible ce qui gêne un apprenant ou le groupe, et d’y remédier, au sein ou en dehors du Binôme : en échangeant sur des difficultés qu’ils n’auraient pas nécessairement indiquées à l’enseignant, les Binômes se dévoilent davantage, et prennent également conscience des progressions à réaliser (au lieu dans certains cas de se voiler la face).
  • Ajouter à l’ambiance du groupe une nouvelle possibilité d’exercice, en somme laisser faire davantage qu’à d’autres moments les “évasions”.

 

État d’esprit de l’exercice

binomesComment aménagerez-vous cette modalité pédagogique si elle vous parle ? Laisserez-vous du temps chaque semaine aux binômes durant le cours pour se parler, pour aller les écouter, les aider, leur donner quelques exercices sur leur objectif ? Pour ma part il me paraît essentiel d’exploiter cet exercice selon ce qu’il donne en premier : du rapport humain. Si j’ai très tôt utilisé les nouveaux médias dans mes cours afin d’être en phase avec les pratiques des apprenants j’avoue ne pas adhérer à l’engouement actuel pour les mêmes technologies. Pouvoir être un tuteur, non un maître… et chacun trouve sa méthode, en s’appuyant sur celle de l’enseignant : voilà il me semble l’intérêt de cette modalité du binôme.

Retour de pratiques

Certains Binômes « prennent », fonctionnent bien, d’autres moins évidemment. Certains facteurs sont bien sûr déterminants à ce qu’un Binôme fonctionne :

  • Y croire (de la part de l’enseignant) ! Banalité : la meilleure pédagogie du monde peut être la moins légitime d’un point de vue (une pédagogie très structurelle, dans un centre qui privilégie l’actionnel par exemple), mais très efficace car portée par un enseignant motivé et énergique. Chacun a pu en faire l’expérience, non ?
  • Ne pas forcer les choses : si un binôme manifeste peu d’entrain du fait d’incompatibilités croissantes entre les tempéraments, inutile de persévérer: l’idéal est d’avoir deux ou plusieurs binômes à changer dès lors. Sinon il faut “faire avec” (en fonction des changements de groupes ou faire des trinômes)
  • Donner l’occasion au Binôme de travailler de concert (exercices, exposés) mais aussi de « souffler » : si les étudiants d’un même Binôme sont sans cesse « l’un sur l’autre » cela peut avoir un effet contre productif.

 

En général, et dans ma pratique, j’ai pu remarquer que :

  • Le premier objectif est déterminant, lorsque durant un semestre par exemple chaque Binôme aura l’occasion d’en mettre en place plusieurs, avec un petit repos entre chacun. C’est là sans doute que l’enseignant doit mettre beaucoup d’énergie, de précision, communiquer son envie. Si les Binômes se prennent au jeu, les objectifs suivants seront plus aisés à rendre dynamiques.
  • Ce qui devait être le plus répété varie peut-être en fonction des types d’étudiants voire des nationalités : dans certains Binômes il faut insister sur le travail hors cours, pour d’autres sur la bienveillance comme moyen de choisir les objectifs, comme de les atteindre. L’enseignant a l’occasion de faire cela en passant dans les binômes lors de leur temps de travail en commun : en cours une fois par semaine pendant quelques minutes, que le binôme fasse le point à l’occasion d’un travail rendu, d’un exercice. C’est l’occasion de communiquer en français sur la progression, sur d’éventuelles nouvelles organisations/stratégies mais aussi sur des exercices que j’apporte lorsque je sens que le binôme n’est pas très dynamique (sans tout faire à leur place, sinon il sera encore moins dynamique!). Le temps pour l’enseignant de passer voir chaque Binôme et bien sûr non seulement de conseiller, mais surtout d’écouter et d’en tirer profit pour les modalités d’enseignement des prochains cours.