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Dans un récent article (10 conseils…) nous vous donnions des conseils pour chercher plus efficacement du travail en FLE. Ci-dessous des précisions sur une modalité en vogue: le PVT.

Le PVT en questions

LE PVT qu’est-ce que c’est, comment ça marche, où, quand? Pour partir à l’aventure, tenter d’enseigner, voir si travailler à l’étranger ou avec d’autrepvtiste-2-608x800s culture vous parle? Tout ça et un peu plus: Interview d’une des membres du site PVTISTES.NET, Mylène Pont (1).

Entretien

T’enseignes-tu: Quels sont les possibilités et les limites avec le PVT: nombre de PVT délivrés, âge, durée maximum de travail, autre?

Mylène Pont: Le PVT est un visa d’une durée d’un an non-renouvelable, qui permet à tous les jeunes français entre 18 et 30 ans (35 ans pour le Canada) de voyager dans les pays partenaires tout en ayant la possibilité de travailler sur place pour financer leur voyage.
A la différence d’Erasmus ou du VIE qui sont le plus souvent réservés à des élites diplômées, le PVT s’adresse à tous sans autres restrictions que celles de l’âge et d’une réserve financière minimum pour survivre les premiers mois (ex : environ 2300 euros pour le Canada).
Le PVT connait un énorme succès depuis quelques années, notamment pour sa destination phare, le Canada. La France a pour le moment signé des accords avec 7 pays : Canada, Argentine pour l’Amérique, Japon, Corée du Sud, Singapour pour l’Asie, Australie et Nouvelle-Zélande pour l’Océanie. Le dernier des PVT à venir devrait être Taiwan, dont la finalisation traîne depuis environ 3 ans à mon plus grand regret (!)
Il y a des quotas pour certains pays, mais seul le quota pour le Canada pose problème à l’heure actuelle. Il y a aussi des restrictions pour les métiers, comme l’interdiction des métiers du monde de la nuit au Japon ou de l’enseignement en Corée. Les conditions sont différentes pour chaque pays.

T’enseignes-tu: Avez-vous eu une expérience de PVT? Pouvez-vous nous en parler brièvement?
Mylène Pont: Je suis partie en PVT au Canada en octobre 2009 à l’âge de 23 ans ; j’ai ensuite enchaîné sur un permis Jeune Professionnel d’une durée d’un an et demi puis sur un visa touriste, le temps de faire le tour du Canada (en bus !).
Le PVT fut une formidable opportunité pour moi, qui correspondait parfaitement au profil « pvtiste » : pas de grands diplômes à mettre en valeur, pas de projet professionnel particulier, juste l’envie de prendre une année sabbatique tout en améliorant mon anglais en étant prête pour l’aventure !
Quand je suis partie en 2009, le Canada n’avait pas encore le succès fou qu’il a aujourd’hui (pour info les 7000 PVT Canada sont partis en 2 jours cette année !), mais il y avait déjà beaucoup de Français sur place, notamment à Montréal.
Pour ma part, je me suis dirigée vers Toronto, capitale économique du Canada, qui fut un énorme coup de foudre. J’y ai vécu des galères, des miracles, des beaux voyages et suis tombée « en amour » du Canada et de ses adorables habitants. Il est d’ailleurs probable que je retourne un jour vivre dans ce formidable pays tant mon expérience PVT m’a séduite.

T’enseignes-tu: Quel conseil pourriez-vous donner à quelqu’un qui « débarque » complètement sur le sujet PVT?

Mylène Pont: Comment s’orienter entre les différents sites, organiser son départ? (et peut-être organiser son retour avant son départ?)
Etant modératrice du site pvtistes.net, je me vois mal vous en conseiller un autre (surtout que nous sommes les précurseurs et les meilleurs, pour preuve les nombreux partenariats conclus entre pvtiste.net et des organismes officiels en France et au Canada). Donc la visite chez pvtistes.net s’impose ! Nous avons des communautés solidaires dans tous les pays, on s’entraide pour les démarches, les petites galères, la recherche de boulot et on organise des soirées, à Montréal, Sydney ou Tokyo !
Ensuite, je pense qu’il faut être honnête avec ses capacités et ses faiblesses : êtes-vous prêts à faire la plonge dans un restaurant pas forcément propre entouré de gens ne parlant pas votre langue pour gagner à peine de quoi vous nourrir ? Car le PVT sera sûrement ça (du moins au début), ne croyez pas que le Canada vous attend à bras ouverts, ou que vous pourrez faire prof de français sans autre compétence que votre statut de natif.
Pas mal de Français rentrent la tête basse ruinés et aigris après quelques mois pour avoir complètement sous-estimé l’aventure. PVT rime avec petits boulots, culot et débrouillardise.
Si on est prêt à mettre sa fierté de coté, on peut avoir par la suite accès à de belles choses (j’ai commencé comme équipière de nuit en fast-food pour finir réceptionniste en hôtel de luxe !)
Il faudra faire vos preuves là-bas pour obtenir un travail, au Canada comme partout ailleurs, pour les PVT Asie des connaissances dans les langues locales sont quasi indispensables, et pour l’Australie attendez-vous à être en concurrence avec les milliers d’autres pvtistes sur place (le PVT Australie n’ayant pas de quota, c’est celui qui bat les records de visa accordés, environ 14 000 pour les Français par an).
Pour le départ et l’organisation, chacun voit midi à sa porte : certains partent avec un sac à dos et ne s’arrêteront jamais longtemps nulle part, d’autres ramèneront toute leur vie de France avec eux, il y à autant de façon de vivre son PVT que de pvtistes !
Et quand la belle aventure sera finie et qu’il faudra rentrer, préparez vos mouchoirs car le retour en France va rimer avec changement de rythme, de langue et de vie … ou préparez vos justificatifs pour un autre PVT ! Vous pouvez cumuler au total 6 destinations différentes !
Sans compter ceux qui ne rentreront jamais (et ils sont nombreux au Canada).

T’enseignes-tu: Concernant les PVT Asie, pourquoi sont-ils si peu connus? Est-ce le « bon plan » du moment?
Mylène Pont: Malgré tout l’amour que j’ai pour l’Asie, non, ils ne sont pas le « bon plan » du moment.
Ils sont boudés à cause de la barrière de la langue qui est un gros obstacle là-bas, sans compter le coût : le Japon et Singapour sont des pays parmi les plus chers du monde.
Dernier point et pas des moindres : nous sommes concurrencés sur les jobs alimentaires par la main d’œuvre d’Asie du Sud… difficile de rivaliser avec eux et difficile de décrocher un bon job avec un visa d’un an seulement.
Il faut savoir que le Japon fut l’un des 1ers pays participants du PVT, mais il est toujours loin de déclencher la folie comme pour le Canada ou l’Australie.
Cependant l’Asie reste une partie du monde ou le choc culturel est fort et ou une expérience professionnelle (pour ceux qui ont réussi à en décrocher une dans leur domaine de compétence) sera reconnue et appréciée mondialement. Malgré les difficultés, nous n’avons jamais eu de retours négatifs sur les destinations asiatiques, hormis le coût de la vie.

1-Nouvellement reconvertie dans le FLE (Université de Rouen) après une carrière dans l’hôtellerie de luxe en France et au Canada, Mylène P. est aussi l’une des modératrices du site web pvtistes.net, forum référence sur le petit visa qui monte, le Permis Vacance -Travail.
Si vous voulez en savoir plus sur elle, allez consulter son profil Linkedin à cette adresse : fr.linkedin.com/in/mylenepont/