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Aujourd’hui, voici un retour d’expérience (bien modeste) mené avec mon groupe de B1.2 le semestre dernier. Depuis longtemps, j’avais constaté qu’ils lisaient peu, et il est difficile, en cours, de sortir des lectures courtes du manuel. Or, étudier un texte est une activité bien différente de lire un texte long qui raconte une histoire !

Le choix des supports

Le semestre dernier, j’ai donc mis en place une activité de lecture longue basée sur les œuvres des « Mondes en VF » : mon choix s’est porté sur cette collection car elle comporte aussi bien des romans que des nouvelles, indique clairement un niveau à partir duquel la lecture devient un acte naturel (et non pas une étude de texte, armé de son dictionnaire et de ses surligneurs 4 couleurs), et parce que les étudiants peuvent écouter une lecture de l’œuvre tout en lisant.

« Last but not least », les œuvres étaient disponibles à la bibliothèque de l’université, ce qui permettait à ceux qui le souhaitaient de ne pas acheter de livre.

N’ayant pas beaucoup de temps à dégager pour mener l’activité en classe, j’ai préféré constituer des groupes et proposer un retour de lecture à l’oral un mois après.

L’organisation

Après avoir sélectionné une série de livres (romans et nouvelles), j’ai présenté la liste aux étudiants avec la description du type d’histoire qu’ils y trouveraient : romantique, policier, fantastique… Mon objectif était qu’ils aillent vers un genre qui les attirait. Ils se sont naturellement regroupés par 3 ou 4 autour d’une proposition.

Ils étaient libres de choisir un roman ou une nouvelle, l’objectif était clair : lire pour lire, pas pour se casser la tête. Certains étudiants ont choisi un roman de 120 pages, d’autres une nouvelle de 10 pages : peu m’importait, car ce petit nombre de pages était déjà une très grande victoire pour certains. Une fois le support choisi, les étudiants se sont organisés seuls.

La présentation à la classe

Le retour attendu était une forme d’exposé d’une demi-heure pour le groupe, afin de valoriser ce travail qui leur avait pris du temps. Celui-ci devait comporter :

  • une présentation de l’histoire,
  • une lecture expressive (tous les étudiants du groupe devaient lire),
  • une opinion (personnelle, pas forcément identique pour le groupe) sur la lecture, et sur l’activité, les sentiments et émotions ressentis…
  • 5 mots appris (pour chacun) et pourquoi ils les avaient choisis.

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Le verdict

  • A chaud : J’ai été très étonnée de voir que les étudiants étaient vraiment à l’aise pour présenter leur exposé, pour parler de leurs sentiments, émotions… Ils ont même parfois mis leur histoire personnelle en parallèle avec ce qu’ils avaient lu. Les étudiants qui écoutaient étaient attentifs (même avec 2 exposés de 30 minutes à la suite!), ils notaient les mots proposés par les autres, posaient des questions… C’était un moment de partage et d’évasion. L’un des groupes a tout simplement joué magnifiquement une scène, nous étions tous soufflés. J’étais très heureuse aussi d’entendre des étudiants dire, sans honte, qu’ils n’avaient pas aimé l’histoire, justifier leur opinion. Clairement, je sais qu’ils ont retiré de cette lecture ce que j’en attendais : ils ont lu, ils ont lu une histoire longue, et ils ont vécu la lecture comme une activité qui provoque des émotions et sentiments et non pas comme une étude.
  • A froid : Parmi les 18 étudiants du groupe, 6 ont noté dans leur évaluation du stage que la lecture longue avait été leur activité préférée dans ce cours d’un semestre, et personne ne l’a notée dans les activités qu’ils n’avaient pas aimées. C’est statistique, mais ça vaut le coup d’être souligné.

 Et la suite ?

La prochaine fois que je mènerai cette activité, je ne changerai pas grand-chose, à part que je fournirai des résumés de chaque histoire plutôt que de laisser les étudiants se débrouiller seuls à la bibliothèque. Leur choix sera peut-être moins lié au hasard ou au nombre de pages, et peut-être qu’ils aimeront tous l’histoire qu’ils auront lue ! Mais est-ce que ça sera mieux ?

Autre changement, j’insisterai également sur la lecture expressive, que je n’avais sans doute pas assez travaillée auparavant avec eux, et sur la mise en scène possible de leur présentation à travers des photos ou des saynètes.