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Comme vous le savez, nous souhaitons donner la parole aux formateurs et enseignants qui souhaitent le faire. Nous avons la chance aujourd’hui de publier un article partagé par une collègue, Viorica Nicolaev. (et avec qui j’ai eu la chance de travailller).Vous pouvez retrouver sa présentation dans la section auteur-invité
Bonne lecture, Céline

 

Échanger pour apprendre une langue

@Les projets d’enseignement / apprentissage des langues en ligne se sont multipliés ces dernières dix années grâce à l’évolution des technologies et du réseau Internet. De plus en plus de sites Internet proposent des espaces d’échanges linguistiques en ligne à partir de plateformes ou de logiciels incluant des outils de communication asynchrone ou synchrone (forum, messagerie instantanée impliquant de l’audio ou de la visioconférence) et permettant de pratiquer la langue étrangère avec des correspondants distants. Sur le même principe, les établissements de l’enseignement scolaire et universitaire mettent en place de plus en plus de programmes visant l’apprentissage et la pratique des langues en ligne à travers des projets tels que eTandem, eTwinning, Cultura. Ils visent principalement la pratique des langues et les échanges culturels entre les apprenants de différents pays. Ces projets ont inspiré celui que je vais décrire plus loin. Il s’agit du projet « Le Français en (première) ligne » auquel j’ai participé en tant que chercheuse dans le cadre de mon doctorat.

Le projet « Le Français en (première) ligne » : origine et évolution

Le projet Le français en (première) ligne (désormais F1L) est né en 2001 à l’initiative de Christine Develotte[1], alors enseignante dans le département de français de l’université de Sydney.  Ayant constaté que du côté australien, les expositions au français étaient peu nombreuses et que l’apprentissage de la langue était décontextualisé de tout usage social possible, elle a eu l’idée de mettre en place un dispositif de communication pédagogique à distance qui bénéficierait, d’une part, aux étudiants australiens, apprenants de français et, d’autre part, aux étudiants français, futurs enseignants de FLE. Ce projet a donc débuté en 2002 entre l’université de Sydney et l’université de Franche-Comté. Il a pris progressivement de l’ampleur et de nouvelles universités y ont adhéré au fil des années. Au départ dispositif de communication asynchrone, à partir d’un forum et de blogs, il a évolué en même temps que les possibilités techniques et depuis 2006, il est passé à la synchronie via la visioconférence par le biais des logiciels de communication tels que MSN, Skype. Ces logiciels permettant aux apprenants d’interagir en temps réel à l’oral et à l’écrit par le biais de l’image avec les étudiants français.

Les objectifs du projet

Image offerte :  Boians Cho Joo Young - FreeDigitalPhotos.net

Image offerte : Boians Cho Joo Young – FreeDigitalPhotos.net

L’objectif principal du projet se décline sur deux plans et concerne d’une part les apprenants de français et d’autre part les étudiants français, futurs enseignants de FLE. Ainsi il permet aux apprenants de français d’être en contact avec des Français natifs ou experts de la langue, d’accéder à une langue riche et authentique, de compléter leur apprentissage réalisé en classe et enfin de développer leurs compétences interculturelles.

En ce qui concerne les étudiants français, il s’agit de pratiquer la pédagogie du FLE, concevoir des tâches contextualisées pour un public précis, administrer les activités en ligne aux apprenants, réfléchir aux enjeux de la formation en ligne et enfin se former à l’usage des TICE. Des exemples d’activités réalisées sont accessibles sur le site du F1L et permettent d’observer concrètement le fonctionnement de cet appui à l’enseignement / apprentissage du français (http://w3.u-grenoble3.fr/fle-1-ligne/taches.php) .

 

Témoignages des apprenants et des futurs enseignants

(extraits de l’article Develotte, Guichon & Nicolaev, 2008[2])

  • Les apprenants de français apprécient, tout d’abord, le contact avec les natifs et l’authenticité de la situation de communication :

« I loved our tutors and interacting with them because it gave us a chance to speak French like we would in France and talk about random things »

  • Ils ont le sentiment d’avoir développé leurs compétences à l’oral :

I really like doing this and feel that my comfort speaking has increased dramatically”.

(It) has made me more confident in my speaking skills”.

  • Ils soulignent aussi l’importance du caractère synchrone de la situation de communication qui les a forcés à parler :

and the conversations have really forced me to carry on continuous dialogue without prompts, which I don’t think I have experienced before”.

  • Quant aux étudiants français, ils apprécient le côté innovant du projet :

« le dispositif est enrichissant, amusant, changeant, innovant. J’ai apprécié le côté création du matériel pédagogique qui est super enrichissant et la nouveauté de cette relation à distance. »

  • Ils notent l’importance de l’image vidéo qui permet de créer une relation affective avec les apprenants et de comprendre leurs réactions.

« l’image vidéo joue énormément dans le contact, surtout pour établir la relation affective ».

 « la vidéo est importante pour voir les expressions de visage des apprenants ».

 Comment trouver un partenaire pour échanger ?

Depuis 2008, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) diffuse le « modèle » du F1L dans le cadre de ses activités d’aide aux départements de français (http://www.aidenligne-francais-universite.auf.org/, onglet « Appui à l’enseignement du français à l’université ».). L’objectif est d’encourager d’autres universités à développer des échanges en ligne de même type et de proposer une aide à la mise en relation de nouveaux partenaires.

 Aspects organisationnels, techniques et pédagogiques

Image offerte : digitalart at FreeDigitalPhotos.net

Image offerte : digitalart at FreeDigitalPhotos.net

La mise en place du projet nécessite une étape préparatoire visant les aspects organisationnels, technique et pédagogique. Au niveau organisationnel, il est nécessaire de préparer deux salles informatiques des deux côtés, tester le réseau et les connexions afin de vérifier la faisabilité du projet, établir un planning des séances en ligne, fixer leur fréquence et durée en fonction des cours des étudiants des deux côtés. Au niveau technique, il faut choisir les outils de communication. Par exemple, MSN et Skype sont plus ou moins familiers aux apprenants et aux tuteurs et permettent, malgré quelques problèmes techniques, d’un point de vue pédagogique, la possibilité de mettre en place des tâches interactives. Enfin au niveau pédagogique, il faut déterminer le contenu pédagogique des séances en fonction du programme des apprenants et concevoir les tâches interactives.

 


[1] Aujourd’hui Christine Develotte est professeur des universités en sciences de l’information et de la communication à l’ENS de Lyon-IFÉ.

[2] Develotte, C., Guichon, N. & Nicolaev, V. (2008). Apprendre et enseigner les langues en visioconférence. Les Dossiers de l’ingénierie éducative, n° 63-64, pp.69-72.