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T’enseignes-tu ? donne la parole aux blogueurs et créateurs de sites sur le FLE ou autour de la langue française. Cette série vous permet de découvrir la richesse du web, le travail incroyable de passionnés du français et donc des ressources pour la classe.

Gabrielle donne la parole à Laurent Martiny, à l’origine du site DicoRico !

1/ Le principe du site DicoRico, c’est quoi ?

Dicorico est un dictionnaire collaboratif, libre et décalé. Nous avons tous une histoire différente. Notre propre vécu, nos origines sociales, géographiques ou culturelles nous amènent à raisonner, penser différemment. Et à porter une vision subjective sur le monde qui nous entoure. Le principe de Dicorico est de permettre à chacun de donner sa définition du monde, et ce pour n’importe quel nom commun, expression, argot, verlan, et même nom propre.

2/ Et quoi Dicorico est différent des dictionnaires existants?

Je vois deux types de dictionnaires. Le premier groupe fait référence à nos dictionnaires historiques tels que Le Robert et Le Larousse. Ceux-ci remplissent très bien leur fonction: trouver le sens d’un mot. Par essence, ils sont donc normatifs et obéissent à une charte stricte.

Dicorico appartient au deuxième type de dictionnaire: en ligne, ouverts, collaboratifs, non-conventionnels. On vient y trouver quelque chose différent. On s’informe oui, mais y on passe surtout un bon moment, car on tombe rapidement sur des définitions qui ne nous laissent pas indifférents. Certaines sont de petites créations littéraires qui peuvent être surprenantes, révoltantes, blessantes de vérité, particulièrement intelligentes ou bien simplement terriblement marrantes. Le dictionnaire n’est donc plus seulement informationnel, mais divertissant. Plusieurs définitions peuvent donc coexister pour un même mot, mais ce n’est pas un problème ! Au contraire : c’est ce qui fait la richesse du dictionnaire. Aussi les définitions les plus pertinentes se retrouvent par voie démocratique en haut tandis que moins appréciées sont poussées vers le bas. Enfin, soulignons que nous ne nous cantonnons pas au vocabulaire de banlieue.

3/ Comment est né le projet ? Comment s’est-il concrétisé ? Qui se cache derrière ?

DicoRico

J’ai passé quelques années à l’étranger et ai assez tôt été confronté à des expressions qui m’étaient inconnues. Une recherche sur Google me menait souvent vers Urbandictionary. Je me suis retrouvé à lire des pages entières émerveillé par le talent d’écriture, la variété de la pensée humaine, l’esprit gentiment déjanté de certains, et je dois dire que j’ai eu des sacrés fou rires devant l’écran. Des années plus tard, je tombe sur un dossier du Courrier international sur les langues du futur et de la place (essentielle) que prendra le français dans les décennies à venir. J’ai fait le lien avec Urbandictionary, et le lendemain je me mettais à l’œuvre pour lancer Dicorico.

Je mène le projet avec Maxence, qui supervise tout l’aspect technique de notre plateforme. Nous souhaitons d’ailleurs l’enrichir prochainement et la décliner en application mobile.

4/ Mais d’où vient donc le nom de « DicoRico » ?

Haha. Et bien je cherchais plusieurs choses dans le nom. Mémorable, court, qui véhicule si possible ce que l’on fait. « Dico »  est sans équivoque car l’on sait tout ce qu’est un dictionnaire. « Rico » est plus subtil, mais porte deux lectures, si je puis dire. « Rico » fait écho à « cocorico » ce cri de ralliement de gloire français certes un peu désuet mais qui reste le symbole de la France. Et nous aimons la France. Par-dessus tout, nous aimons la langue française. Elle est belle, riche, subtile, mélodieuse, et elle rayonne de partout à travers le monde, c’est une chance. Nous voyons donc cela comme un peu de chauvinisme bien placé. La deuxième lecture de « Rico » est pour l’instant plus discrète, mais c’est le nom de notre mascotte …  le coq bien sûr. Pour l’instant il est un peu timide, nous le laissons donc trouver sa place tranquillement.

5/ Qui sont les contributeurs pour le moment ?

Tu en as une petite idée ?

Grosse zone d’ombre. J’ai peu d’éléments pour établir un profil type sur la base de données sociodémographiques. Mais au vu des premières définitions postées et d’un point de vue comportemental, j’entrevois plutôt trois types de contributeurs. Ceux :

  1. qui sont pragmatiques et vont à l’essentiel en donnant une définition brute d’un mot sans envie créative particulière,
  2. qui ont un humour bref et direct,
  3. et enfin qui sont de vrais petits écrivains en herbe et qui m’étonnent tous les jours, certains sont de vrais petits génies des mots et je me régale à les lire.

 

6/ Tu pourrais nous donner quelques exemples de définitions apportées par des contributeurs qui t’ont vraiment fait rire ?

J’ai beaucoup aimé Smiley, Tinder, Netflix, pizza, se ranger, se légumifier, blonde, caca-clown, se prendre une crampe, bien… mais il y aussi celles dont l’esprit est tellement bien pensé ; par exemple : infini !

7/ Est-ce que tu as découvert toi-même de nouvelles expressions grâce à DicoRico ?

Oui ! En fait il y en aurait trop pour les lister ici.

8/ Concrètement, comment on fait pour contribuer ?

C’est très simple, c’est ici que ça se passe. Attention il faudra vous identifier pour pouvoir poster. Toutes les définitions sont validées de notre côté avant publication.

9/ On vous retrouve où sur les réseaux sociaux ?

Vous pouvez nous retrouver sur Facebook et Twitter, là où nous sommes le plus actifs pour le moment!

10/ Y a-t-il d’autres choses que tu aimerais nous dire ?

Plus les semaines passent, plus je prends plaisir à lire les définitions postées par les contributeurs. L’écriture, même hyper-succincte utilisée sur Dicorico, est une forme d’art que chacun peut apprécier à divers degré, que ce soit une écriture soutenue ou familière. Ce que j’aimerais c’est aussi montrer que l’on peut parler « djeuns », cru, voire vulgaire quand le contexte s’y prête, sans pour autant écrire en phonétique et oublier toute règle de grammaire et d’orthographe. Si vous aimez l’esprit du site, parlez-en autour de vous, partagez, venez soumettre vos définitions, c’est ce qui en fait la richesse.

Merci à toi Gabrielle, et à l’équipe de « T’enseignes-tu ? » pour avoir pu me présenter ici.