test-test

Français sur objectif universitaire ?

lecture fleIl  n’est pas rare d’entendre ou de voir (sur des réseaux sociaux notamment) des enseignants s’interroger sur ces notions connexes de FOS (français sur objectif spécifique) et de FOU (français sur objectif universitaire). En effet, j’ai le sentiment que dans bien des endroits, des institutions, on essaie de mettre sous ces acronymes mille choses qui ne correspondent pas à la méthodologie sous-entendue.
Or, très sincèrement je pense que ces notions peuvent aider à répondre à des besoins tant sur le plan d’enseignement que sur celui de l’apprentissage, si l’on prend le temps de comprendre ce que proposent les auteurs.

C’est pourquoi je vous propose ici  une présentation de l’ouvrage  « Français sur objectif universitaire ».

Références

MANGIANTE , JM. & PARPETTE, C. (2011). Le français sur objectif universitaire. Grenoble : PUG, collection Didactique.

Les auteurs

Chantal Parpette : Maître de conférences en didactique du FLE à l’université Lumière Lyon 2, elle est membre du laboratoire ICAR (Interactions, Corpus, Apprentissage, Représentations).

Jean-Marc Mangiante : Maître de conférences en linguistique/FLE à l’université d’Artois, il est membre du laboratoire Grammatica.

Parmi leurs nombreuses publications, on notera leur collaboration sur l’ouvrage Le Français sur objectif spécifique : de l’analyse des besoins à l’élaboration d’un cours.

Présentation de l’ouvrage

Complément DVD : Le livre est accompagné d’un DVD qui contient des ressources audio, vidéo et des fiches pédagogiques. Il constitue un support très riche pour des enseignants impliqués dans ce type de démarche.

État des lieux

La première partie de l’ouvrage permet, comme son nom l’indique, d’établir un bilan des propositions existantes (avant-pendant les études en France) pour répondre aux besoins de ce public particulier dans la perspective de son intégration au milieu universitaire français.
La démarche FOU (déclinaison du FOS) se propose donc, par sa méthodologie spécifique et tout en prenant en compte les réalités du terrain, de développer des programmes en adéquation avec ces attentes. Ce sera là l’objectif des deux parties suivantes qui s’intéressent respectivement à l’analyse et à la méthodologie pour les discours oraux et pour les discours écrits.

Retours sur la méthodologie

Il peut-être utile de rappeler que la démarche FOS et donc la démarche FOU s’appuient sur 5 étapes, à savoir :

  • Identification de la demande
  • Analyse des besoins
  • Collecte des données
  • Analyse des données
  • Élaboration didactique

Il s’agit d’une méthodologie exigeante (en temps et en investissement de la part des concepteurs notamment) qui va se confronter à des contraintes de terrain telles qu »un public non homogène, des spécialités différentes etc.  Celles-ci, positionnent alors le développement de cours plus ou moins loin de l’idéal de la démarche. Cependant, ce que montre bien l’ouvrage (avec en particulier la présentation de cas de figure réels), c’est qu’en s’inspirant de cette méthodologie et en prenant en compte les limites liées au contexte, le FOU peut permettre de développer des contenus en adéquation avec des besoins bien identifiés.

Enfin, l’ouvrage propose une classification des différents champs partant du FOU en passant par le français de spécialité pour arriver au français général offrant une visualisation claire de ces différents positionnements.

Les discours oraux

La section qui s’intéresse aux discours oraux présente une analyse approfondie du contenu des cours magistraux (en mettant en lumière certains mécanismes liés à ce type d’expression). En tant que francophone, nous ne nous interrogeons pas sur la complexité de ce discours mais l’analyse faite ici en montre bien l’étendue.

Je vous donne quelques exemples traités dans l’ouvrage : le cours magistral (désormais CM) ne fait pas uniquement référence aux contenus disciplinaires mais peut faire appel à des discours ayant trait à l’organisation de la scolarité, aux consignes de travail etc. Et puis, pensez aux multiples répétitions, reformulations, citations que l’apprenant va devoir identifier !

Suite à cette analyse, les auteurs abordent successivement le traitement didactique du CM en fournissant des pistes mais aussi des fiches pédagogiques, les difficultés liées au recueil de ces discours authentiques et enfin la prise de note. Nous noterons que celle-ci est traitée dans cette section car elle relève avant tout de la compétence de compréhension orale.

Enfin les discours dits périphériques (que j’ai déjà évoqués en parlant d’organisation d’un cours par exemple) sont traités plus largement.

L’intérêt réside ici en les propositions pédagogiques faites, l’ouvrage ne se veut pas un cours théorique sur le FOU mais propose des pistes pour les enseignants et concepteurs

Les discours écrits

Ceux-ci sont abordés selon le même schéma que précédemment. De fait, une analyse des caractéristiques des écrits universitaires est proposée accompagnée d’une typologie des écrits dits transversaux (au sens où ils ne dépendent pas d’une spécialité). Ces deux éléments permettent au lecteur de bien identifier les besoins des apprenants. Un référentiel des compétences de compréhension et d’expression vient compléter cette analyse.

Une fois encore, l’étendue, la diversité des spécificités montrent la nécessité pour les formateurs et concepteurs de s’interroger aussi précisément.

Enfin comme dans le chapitre précédent des pistes et des fiches pédagogiques viennent alimenter une partie dédiée au traitement pédagogique

Ingénierie de la formation

L’ouvrage propose une dernière section s’intéressant au Fou et à l’ingénierie de la formation que je ne commenterai pas ici car elle me semble dans la continuité des précédentes et que sa lecture vaudra mieux que mon commentaire


Mon idée avec cette fiche de lecture était de montrer que la notion de FOU n’est pas une notion vague bien au contraire. Je pense que cet ouvrage constitue une vraie richesse pour les enseignants en contexte universitaire. En effet, il ne se propose pas de fournir une théorie idéale mais montre concrètement comment, en s’inspirant de cette démarche, il est possible de développer des formations plus en adéquation avec les besoins multiples de ce public particulier.
Le bémol que je vois à cet ouvrage, c’est qu’il faut être quelque peu familiarisé à la démarche FOS pour entrer dans cette logique adaptée au contexte universitaire.

Pour aller plus loin, nous vous proposons de consulter un second article grâce auquel vous pourrez écouter un entretien avec Chantal Parpette