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Le jeu en classe de FLE

Le jeu est de plus en plus « à la mode » en didactique du FLE, en même temps qu’il effraie les enseignants habitués à (ou réconfortés par) un contexte plus traditionnel de la situation d’enseignement-apprentissage. En même temps, à l’heure de l’actionnel, le jeu répond d’une dimension d’interaction et d’authenticité de la communication d’une grande pertinence. On serait fou de s’en passer !

Je vous propose donc une présentation d’un ouvrage qui me sert régulièrement de support dans la préparation de mes cours : les cours de groupes autant que les cours particuliers, soit dit en passant.

Références

SILVA, Haydée. (2008). Le jeu en classe de langue, Paris : CLÉ International, collection Techniques et pratiques de classe.

L’auteure

Haydée Silva est mexicaine. Sans vouloir résumer de façon abusive son parcours, retenons qu’elle détient un Doctorat en Littérature et Civilisation Française de l’Université de Paris III et est actuellement professeure titulaire au Colegio de Letras Modernas (Letras Francesas) de la Facultad de Filosofía y Letras de l’Universidad Nacional Autonoma de México. Elle y  enseigne notamment la didactique du FLE. Elle publie aussi régulièrement dans la section « Test et jeux » de la revue Le français dans le monde.

Présentation de l’ouvrage

  • Pour conjuguer théorie et pratique

Il s’agit dans un premier temps d’établir des repères théoriques de base permettant de problématiser la notion de jeu et son utilisation en classe de langue. Plutôt que de se lancer à l’aveuglette dans l’utilisation du jeu dans un contexte pédagogique, l’ouvrage propose d’abord une réflexion sur le matériel, les structures, le contexte et l’attitude ludiques. Il faut certes analyser le matériel (originellement destiné au jeu ou non), le contexte dans lequel s’inscrira l’activité ludique, de même que l’attitude à développer chez les joueurs-apprenants et chez l’enseignant. Il ne faut cependant pas oublier de maîtriser les structures ludiques, c’est-à-dire les règles et les mécanismes qui encadrent le jeu et lui donnent son identité propre.

L’ouvrage situe l’utilisation du jeu en classe de langue en synchronie avec l’évolution des approches méthodologiques de l’enseignement des langues. Bien que le Cadre Européen Commun de Référence pour les langues n’en fasse que très peu état, le jeu est parfaitement cohérent avec l’approche actionnelle qu’il préconise désormais. En effet, le jeu comme espace de communication et lieu d’action sociale répond parfaitement aux nouvelles approches méthodologiques. Les avantages des jeux en classe de langue tels que nous les présente l’ouvrage sont d’ailleurs multiples : ils brisent la relation pédagogique traditionnelle, favorisent la dynamique de groupe, une plus grande conscience de soi, tout  en permettant à l’enseignant d’introduire de la nouveauté en « assumant sereinement l’incertitude ».

L’auteure ne nous laisse pas en plan et accompagne l’enseignant-lecteur à tirer le meilleur du jeu. Toute une section du chapitre est réservée à la mise en place du jeu, du contexte ludique et aux conditions de réussite du jeu pédagogique.

  • Des supports de jeux polyvalents

L’ouvrage consacre tout un chapitre au matériel ludique : accessoires, corpus de mots, d’images d’objets à fabriquer ou de jeux de société à adapter. Il s’agit ici de faire preuve de créativité pour attirer l’attention des joueurs-apprenants et créer l’atmosphère ludique, sans pour autant se détourner de l’objectif pédagogique. L’auteure accompagne encore une fois l’enseignant-lecteur en proposant des idées de bricolage et des façons pertinentes de « détourner » (sic)  les jeux de société comme Scrabble, Taboo ou Il était une fois.

  • Une atmosphère propice au jeu

Qui dit jeu, dit parfois tricheries, gagnants et perdants. Le jeu en classe de langue implique une gestion saine et sereine de ces dimensions pour que le jeu en reste un et qu’il atteigne ses objectifs pédagogiques et communicatifs sans dérives.

  • Un répertoire de matrices ludiques

La partie qui peut en devenir une « clé en main » si on se contente de prendre les matrices ludiques proposées comme un livre de recettes. C’est possible, mais vous passeriez à côté de l’objectif. Les matrices suggérées sont polyvalentes, adaptables au niveau de maîtrise des apprenants, au corpus ou à l’objectif à travailler : linguistique, interculturel, ou encore à la compétence à développer : expression écrire, interaction orale, médiation, interculturel…. C’est du bonbon !

Personnellement, j’ai intégré le jeu dès le début de ma jeune pratique (de façon plus ou moins heureuse, certes…). Cet ouvrage est un excellent outil pour les vendus, comme pour les réfractaires. En effet, il déconstruit les préjugés défavorables tout en mettant en garde ceux qui seraient portés à se lancer tête baissée dans l’aventure.

Je cherche un « mais… », et je n’en trouve pas. Vos avis sont les bienvenus !