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La méthode, le contexte

A-proposB1_GP_cv18x26Au salon Expolangues « le numérique au service des langues », nous avons découvert la méthode A propos B1, chez le très intéressant et modeste éditeur PUG. Un format papier économique et écologique, des documents sonores authentiques sans séquences surjouées, de la souplesse, de la richesse et des activités vivantes… sans numérique… Rencontre-interview avec deux des auteurs de cette méthode que nous avons envie de vous faire découvrir.

Entretien

Eddy Mannino : Avec A propos vous voulez redonner envie à l’enseignant, ou donner plus d’envie à l’enseignant, pourriez-vous préciser les spécificités de la méthode par rapport aux autres méthodes ?

Annabelle Nachon : Tout d’abord, il n’y a pas un déroulé obligatoire : on peut suivre les activités dans l’ordre qu’on souhaite. La grammaire n’est pas apparente dans le livre de l’élève, elle est à la fin de l’ouvrage, et on fait en sorte que ce précis grammatical puisse être utilisé, via des renvois dans le livre de l’élève, mais seulement si l’enseignant le juge nécessaire, sinon il aborde la grammaire comme bon lui semble. De la même manière, une large place est donnée au document authentique que l’enseignant peut aborder sous l’angle qu’il souhaite. Les sonores ensuite, sont des documents authentiques. Ce ne sont pas pas des comédiens, mais des gens de notre entourage, collègues, famille. On ne leur a pas demandé particulièrement de parler moins vite, ou de parler différemment de ce qu’ils font d’habitude.

Fabienne Nugue : Outre l’entrée par le lexique, il y a la liberté pour l’enseignant d’élaborer sa séquence comme il le souhaite, de l’exploiter comme il le veut.

Annabelle Nachon : Pour autant l’enseignant est guidé pas à pas dans le guide pédagogique. Il peut suivre exactement la démarche du guide pédagogique s’il le souhaite.

Fabienne Nugue : Peut-être qu’une des spécificités c’est qu’on a aussi décidé de mettre tous les sonores dans le CD et les transcriptions complètes et c’est vrai que ça laisse la possibilité à l’apprenant de travailler en auto-apprentissage le soir à la maison ; il peut réécouter les choses, y revenir. On n’avance pas tous au même rythme, et l’étudiant une fois chez lui a tous les outils sous la main pour reprendre les points de langue qu’il a besoin de retravailler.

Annabelle Nachon : Oui, c’est aussi une spécificité de notre méthode. A propos, je l’ai utilisé, par exemple, avec un groupe de jeunes filles au pair de niveau A1 à B2, et les débutants pouvaient en effet travailler seuls grâce au système de bulles de couleur et de renvois vers les différents précis, les pistes audio et les quelques 300 exercices du cahier d’exercices.

Eddy Mannino : Vous avez testé les activités avec vos étudiants à Grenoble. Quelles ont été les réactions ? Est-ce que votre méthodologie, vos intuitions étaient bonnes en général ?

Fabienne Nuque : Nous, nous sommes conceptrices avant tout, donc on sait exactement comment procéder par exemple avec le pèle-mêle (outil sémantique de début de dossier), donc ça a toujours été très bien accueilli ; les étudiants comprennent très vite le système des bulles, des renvois. On progresse en spirale, donc si certaines choses paraissent difficiles à un moment pour certains, comme on y revient par une autre activité, ça se passe bien ; pour ma part, je n’ai pas eu de mauvaise expérience.

Annabelle Nachon : Faire A propos n’a rien changé à nos pratiques pédagogiques, puisqu’on a mis nos pratiques dans la méthode : on a donc testé nos activités avant, on les a re-testées une fois qu’elles étaient dans A propos, mais ça n’a rien changé fondamentalement à notre manière de travailler, mais l’échange, notamment avec les enseignants-utilisateurs, nous permet d’évoluer.

Fabienne Nugue : En fait ce n’est pas la question de la méthode elle-même, c’est plus que nous sommes très communicatives, très ludiques. La méthode reflète ce qu’on aime faire.

Eddy Mannino : Il y a seulement 6 dossiers. Face au risque d’un équilibre un peu artificiel entre unités, comment avez-vous procédé : en reprenant des thèmes, ou en proposant des choses nouvelles ?

Fabienne Nuque : On a étudié le CECR, comparé les autres méthodes, regardé nos pratiques d’enseignantes. Comme on avait une certaine lassitude de parfois toujours travailler les points de langue par rapport à certains thèmes, cette expérience de conception était l’occasion de pouvoir changer un peu. Les choses ensuite se sont faites petit à petit, par rapprochements, jusqu’à trouver un axe général qui chapeaute le tout. C’est beaucoup par nos pratiques qu’on a fait ces choix, et aussi du fait de vouloir changer par rapport aux autres méthodes : essayer de ne pas remettre le même point de grammaire avec la même thématique, parce que si vous ouvrez plusieurs méthodes de niveau B1, voilà, vous allez travailler les points grammaticaux souvent de la même manière. C’était un peu ennuyeux, on était assez fatiguées de faire cela, donc on a choisi quelque chose d’un peu différent, de manière à ne pas ennuyer l’enseignant et les apprenants.

Eddy Mannino : Pouvez-vous nous dire quelle activité vous préférez dans A propos ?

Fabienne Nugue : Moi j’aime bien le pêle-mêle; ça peut déconcerter au début, mais quand ils ont compris le système, les étudiants se prennent au jeu ; ça devient très sympa. Ensuite il y a les doubles pages, ce qui plaît, c’est très personnel. Pour ma part les pages « Rencontre avec » d’A propos A2, et maintenant « A la rencontre de » dans A propos B1, avec les personnalités emblématiques de la société, parce que ça apporte un regard sur ce qui se passe en France, sur la société.

Annabelle Nachon : J’aime bien l’entrée par le pêle-mêle, les activités liées et toutes celles qui mettent en jeu l’interculturel.

Eddy Mannino : Alors que la tendance officielle de cette version d’Expolangues est le numérique, avec plusieurs méthodes et de nombreux stands très portés sur la chose, votre méthode semble un peu à contre-courant, mais est par de nombreux aspects plus vivante que beaucoup de choses qu’on a pu voir. Pensez-vous possible de mettre en place une méthode originale et utilisant de manière performante les nouveaux supports pour plus d’efficacité et pas seulement pour « être à la mode » ?

Annabelle Nachon : On y réfléchit et on y travaille, bien sûr. On conçoit déjà des activités pour le TBI, on utilise de nombreux outils en ligne et les réseaux sociaux, avec nos apprenants. Notre souci est de réussir à en tirer le meilleur parti du point de vue pédagogique.

Fabienne Nugue : Le défi à relever est effectivement celui-ci : ne pas transposer simplement la méthode et utiliser les fonctionnalités des outils mais faire en sorte d’apporter une vraie plus-value pédagogique qui reflète le dynamisme d’A propos. On y travaille avec la maison d’édition…