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teteSigles FLE ?

Alors que je réfléchis à ma séquence sur les sigles (CAF, SNCF etc.) pour mes  stagiaires qui viennent d’arriver en France et qui y perdent leur russe, leur arabe ou leur espagnol…, je viens de faire le parallèle avec notre milieu professionnel. Ah oui, en France on aime les sigles !

En écrivant cet article, je ne pensais pas y passer plus d’une ou deux heures mais en réalité définir ces termes et leurs utilisations n’est pas si simple et tout le monde n’est pas d’accord.

J’essaie donc de retranscrire ce que j’ai ressorti de mes lectures et de vous renvoyer vers des articles et/ou documents en ligne pour que vous puissiez approfondir. N’hésitez  pas à compléter ou à me contredire !

FLM : Français Langue Maternelle

Se dit de la première langue apprise dans le contexte familial, de manière intuitive. On parle donc de locuteur natif. Dans un contexte scolaire, travailler le français langue maternelle induit une analyse du fonctionnement de la langue (acquisition d’une compétence métalinguistique).

Il est important de noter que les primo-arrivants scolarisés en France vont devoir se confronter à ce type d’enseignement alors qu’il ne s’agit pas de leur langue maternelle. (Sans oublier que des structures d’accueil existent pour les y préparer : les Classes d’accueil par exemple).

FLE : Français Langue Étrangère

La langue est apprise en tant que langue étrangère dans un  pays où elle ne joue aucun rôle. On devrait donc réserver le concept à l’enseignement du français en contexte hétéroglotte. L’objectif est l’apprentissage dans un but personnel, touristique etc.

Il est pour moi difficile de « délimiter » aussi strictement le terme de FLE car ma pratique m’a montré, qu’à l’étranger, les motivations d’apprentissage sont diverses (départ dans un pays francophone, travail avec des francophones, but culturel, etc.). Devrais-je alors utiliser d’autres termes pour parler de ma pratique ? Peut-être… Plus encore, il m’arrive de définir certaines de mes interventions en France comme du FLE en contexte homoglotte. A tort sans doute…

FLS : Français Langue Seconde

Dans un premier temps, voici la définition reprise de Jean-Pierre CUQ, Isabelle GRUCA, Cours de didactique du français langue étrangère et seconde, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 2002, 454 p. :

« Le français langue seconde est un concept ressortissant aux concepts de langue et de français. Sur chacune des aires où il trouve son application, c’est une langue de nature étrangère. Il se distingue des autres langues étrangères éventuellement présentes sur ces aires par ses valeurs statuaires, soit juridiquement, soit socialement, soit les deux et par le degré d’appropriation que la communauté qui l’utilise s’est octroyé ou revendique. Cette communauté est bi ou plurilingue. »

L’important est de dire que le français possède ce statut dans certains pays et que cette langue est donc apprise dans un second temps même si elle joue un rôle majeur.

A un autre degré, on parle de français langue seconde pour spécifier le rôle et le statut du français dans la cas des jeunes arrivés et scolarisés en France pour qui cette langue devient celle de l’apprentissage mais aussi de l’intégration. On parle donc de Français Langue Seconde en France.

FLsco : Français Langue de Scolarisation

Ce concept découle du précédent (les deux se chevauchent d’ailleurs). La spécification vient ici du fait que le français langue de scolarisation inclut un travail simultané sur l’oral et l’écrit en contexte scolaire. Disons que ce terme a été préféré à celui de FLS en France.

Je vous renvoie pour ces deux dernières notions à un article très intéressant de Fatima Fatima Davin-Chnane accessible en ligne : Français langue étrangère, français langue maternelle/première : quelles passerelles pour l’enseignement du français langue seconde au collège ?

FLI : Français Langue d’Intégration

Le dernier né !

Vous pouvez consulter le Référentiel FLI disponible notamment sur le site de Christian Puren.

En voici deux extraits pour spécifier ce qui entre sous la définition FLI :

  • « Le FLI répond ainsi à la demande de formation en langue française des adultes migrants dont le français n’est pas la langue maternelle. Il vise de façon conjointe un usage quotidien de la langue et l’apprentissage des outils d’une bonne insertion dans la société française (y compris par l’adhésion aux usages et aux valeurs de la République). Il privilégie la forme orale et la lecture, sans ignorer l’écriture. Il correspond à un usage acquis par immersion. En ce sens, il est tout autant une démarche qu’un cadre de compétence. »
  • « Le FLI, à l’inverse, n’est pas la langue des étudiants ; il n’est pas non plus la langue de ceux qui souhaitent posséder le français comme une langue seconde ou troisième. Il s’adresse à un public spécifique pour lequel les dispositifs existants peuvent s’avérer mal adaptés. Il peut, par contre, s’articuler avec un enseignement linguistique à visée professionnelle, en milieu de travail par exemple. »

FOS : Français sur Objectif Spécifique / FOU : Français sur Objectif Universitaire

Pour ma part, j’entrevois le Français sur Objectif Spécifique et le Français sur Objectif Universitaire comme des méthodologies précises permettant de prendre en compte les besoins des apprenants de manière pointue. Ils sont tous les deux des déclinaisons du FLE en France ou à l’étranger.

Ces méthodes, permettant de construire des formations spécifiques aux besoins analysés sur le terrain, peuvent donc s’intéresser à du FLE, du FLI mais aussi du français de spécialité (c’est le cas du Français sur Objectif Universitaire).

Je vous renvoie donc aux articles précédents parus sur le site pour faire un point sur ces démarches :

Français de spécialité

Il correspond à un enseignement FLE mais s’applique à un domaine particulier (médecine, etc.).

Voici un article en ligne à consulter : Li Keyong, David Vandevelde, Du français de spécialité à la spécialité en français, Synergies Chine n° 3 – 2008 pp. 31-40.

FLP : Français Langue Professionnelle

Il  s’adresse à des salariés francophones ou non francophones qui exercent entièrement leur profession en français. Selon mes lectures, le terme est réservé à l’enseignement en contexte francophone et avec pour objectif sous-jacent l’intégration par le travail des publics migrants.

Voici la définition qu’en donne l’Observatoire des Discriminations et des Territoires Interculturels (ODTI) sur son site :

« Le FLP est l’enseignement du français ayant pour but l’insertion professionnelle du public à court ou moyen terme. Aujourd’hui, cet enseignement revêt un double enjeu : accompagnée la réussite individuelle, professionnelle et sociale des migrants mais aussi permettre à l’association ODTI de proposer des solutions pratiques et concrètes à un défi social majeur : l’insertion socioprofessionnelle des publics en difficulté. »

En guise de conclusion

Je ne nie pas l’intérêt de spécifier chaque domaine pour mieux répondre aux besoins des apprenants. La réflexion nourrit nos pratiques et donne de nouveaux outils ou de nouvelles approches des problématiques. Cependant, la complexité de nos champs d’intervention rend parfois difficile l’acceptation stricte des champs.

Plus encore, je m’interroge sur l’impact de certaines de ces notions, dans le cas du FLI notamment : après, plusieurs années passées à l’étranger et de retour en France, je « découvre » que je ne fais pas du FLE mais du FLI ici. Oui, certes, je n’enseigne pas en France comme à l’étranger et il est intéressant de reconnaitre la spécificité de notre public migrant adulte.

Mais, en pratique, cela change-t-il quelque chose pour les formateurs, souvent chevronnés, qui avaient déjà, depuis bien longtemps, pris en compte ces spécificités dans leur manière d’enseigner ? Dans ce cas, la spécification nous apporte-t-elle de nouveaux outils ?
Les formateurs sont parfois confrontés à des problématiques bien plus grandes, qui les dépassent et limitent leur possibilités en termes pédagogiques (budgets, organisations des formations, matériel). Alors, je suis totalement d’accord si cela fait avancer les choses, reconnaissons la spécificité du FLI… mais laissez-moi en douter.