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DU COUP, EN CLASSE, ON FAIT COMMENT ? OUTILS, TRUCS ET ASTUCES POUR APPRENDRE DES MACHINS ET DES BIDULES

Quand “faire” du lexique ?

Tout le temps, l’ami ! Mais :

  • de manière planifiée, pour préparer l’exposition au mot et favoriser les réseaux sémantiques (on essaie de diversifier les entrées sensorielles, une image, un son, le mot écrit, le mot prononcé…) ;
  • de manière régulière et répétitive, pour favoriser le passage dans la mémoire à long terme qui ne nécessite plus le passage automatique par la traduction (on répète un jour, on reprend trois jours après la lecture d’un texte que l’on avait co-écrit sur un thème particulier pour réactiver…) ;
  • en différenciant lexique actif et lexique passif (on utilise sporadiquement, en tant qu’enseignant, du vocabulaire passif appris ; on fait utiliser les mots passifs à l’aide de questionnements, d’activités, de jeux…).

sans faire stresser, sans provoquer d’émotions négatives, ou le moins possible ! Les hormones sécrétées par le plaisir favorisent l’ancrage dans la mémoire à long terme. Pour en savoir plus sur la chimie du cerveau, consultez https://neuropedagogie.com/bases-neuropedagogie-neuroeducation/la-chimie-du-cerveau.html

Le lexique ludique :

mots croises Guère plus intéressant que la mémorisation de la traduction parfois, mais voici des moyens de varier la mémorisation : lorsque l’ennui disparaît, le plaisir apparaît, et la science nous prouve que la mémorisation est alors augmentée.

  • L’étymologie imaginaire

C’est important de prendre en compte cette dimension dans notre langue d’origine latine. Parfois, c’est amusant de demander l’étymologie de ce mot dans une autre langue : en particulier pour le chinois, par exemple, où l’on peut demander le sinogramme, et en demander l’explication, qui deviendra l’explication étymologique imaginaire pour la classe. Mais on peut aussi demander des étymologies loufoques ! Les enfants (du moins les miens) s’amusent souvent à le faire : ‘une sauterelle, maman, c’est une bête qui n’a pas vu qu’elle avait des ailes, alors elle saute”.

  • Les grilles de mots croisés :

Hot Potatoes a été mon mentor sur ce point pendant plusieurs années. Il est désormais facile de créer ses grilles… Pourquoi ne pas proposer aux étudiants de se créer leurs propres grilles avec des explications en français, qu’ils pourront utiliser pour les révisions au bout d’une semaine… puis d’un mois… puis avant l’examen ? Voire se les échanger ?

  • Time’s up de classe

Vous connaissez le jeu “time’s up” ? Il s’agit, par équipes, de faire deviner une liste de mots en une minute, d’abord en expliquant (on compte le nombre de points par équipe), puis en mimant (idem), puis avec un seul mot. A faire de temps en temps, pourquoi pas en fin de période sur un travail thématique ?

  • Concours : Écris-moi dix mots

Les étudiants ont le droit d’utiliser leurs notes de la semaine précédente pour écrire un texte en temps limité. Ce texte doit être le plus réaliste / amusant / imaginaire / émouvant (thème à choisir en fonction du groupe, du niveau) et comporter un maximum de mots nouveaux. On relit les textes des autres à la maison et on vote pour son préféré. 1 point par mot utilisé + 1 point par vote ! Limite : c’est une activité, telle quelle, assez chronophage. Mais ça change !

  • Calligrammes

Sans revenir sur les cartes mentales, qui ont fait l’objet d’un précédent article , l’illustration et l’art, vecteurs d’émotions et de créativité, sont de très bons apports pour la mémorisation. On peut demander aux étudiants de créer un calligramme  avec les mots d’un thème… On découvre Apollinaire, donc on se cultive, et en plus, on peut ensuite exposer l’œuvre sur les murs de la classe.

Le  lexique technique :

  • La boîte de Leitner :

Le principe est d’utiliser la répétition pour favoriser le passage dans la mémoire à long terme. J’apprends un mot, je le mets sur une carte. Je le mets dans une boîte composée de 4 étages. L’objectif de cette carte est d’arriver au 4ème étage. Un jour après avoir créé cette carte, je regarde ce qui est au rez-de-chaussée. Ce dont je me souviens monte d’un niveau. Ce que j’ai oublié reste là (si c’est le rez-de-chaussée) ou descend d’un niveau.

Au bout d’une semaine, j’essaie de faire passer des cartes du 1er étage au 2ème, qui lui sera traité au bout de 3 à 4 semaines pour atteindre ce que l’on considérera comme étant acquis.

  • La boîte de la semaine :

Les apprenants ont des papiers pré-découpés donnés en début de semaine. Quand il y a un mot nouveau, l’un d’eux le “prend en charge” : il l’écrit sur le papier, avec une explication.

La semaine suivante, on prend la boîte à mots, on l’ouvre, et on essaie de retrouver le mot à partir de l’explication. Ca peut être présenté sous forme de jeu. Globalement, comme on peut tirer seulement un nombre défini de mots au sort, ça peut prendre 10 minutes en début de cours. Par contre, si vous avez fait un travail sur un champ lexical, c’est à éviter, car vous aurez beaucoup trop de mots ! Préférer ne mettre que les mots qui ne sont pas liés à ce champ lexical (ex : les verbes, souvent oubliés dans les études lexicales).

  • Un wiki :

Demander à deux étudiants par semaine de noter dans un wiki les mots nouveaux. Les autres doivent compléter avec l’explication ou la définition. Ça marche… si les étudiants sont sérieux ! La motivation est un autre sujet…

  • Une appli :

Une étudiante m’a fait découvrir Studyblue, qui propose une appli du type de la boîte de Leitner. Il y en a sûrement beaucoup d’autres, qui peuvent être utilisées de manière individuelle ou collective. À creuser !

  • Les cartes mentales

Au moment de l’exploration du lexique, on pourra créer une carte mentale : celle-ci n’a pas besoin d’être collective, on oublie parfois qu’on peut demander aux étudiants de la créer eux-mêmes chez eux et de regarder celles des autres le lendemain ! Concentration, travail sur l’orthographe, mise en relation des mots, créativité… que du positif dans cette activité !

Petits trucs

  • Dire aux étudiants de noter les noms, les verbes, les adjectifs, de couleurs différentes.
  • Créer des listes sur une feuille à marge : le mot dans la marge, les explications sur la partie principale. On pliera la partie des mots le lendemain pour voir de quels mots on se souvient.
  • Et bien d’autres, comme… demander aux étudiants de partager ensemble leurs manières d’apprendre les mots !