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 TECHNIQUES TRADITIONNELLES D’APPRENTISSAGE DU LEXIQUE

Longtemps, je me suis couchée de bonne heure… mon « mot et l’idée » anglais, allemand ou espagnol à la main, tentant de retenir un maximum de mots du champ lexical des céréales ou des pièces automobiles. Retenir, c’est bien le mot : « non, non, les mots, ne partez pas, restez là ! ».

Est-ce vraiment cela, enrichir son lexique ? Avec le recul, j’avoue ne pas me souvenir comment on dit « joint de culasse » en espagnol, ni « orge » en allemand. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que j’ai été une mauvaise étudiante ? Que j’ai eu de mauvais profs (elle est facile, celle-là !) ? Que j’ai un mauvais cerveau ? Que mon apprentissage n’a pas été efficace ? Alors… est-ce qu’on peut rentabiliser (monde commercial, sors de ce corps) notre temps passé à « retenir » des mots ? Cela m’interroge…

Dans cette série consacrée au lexique, je vous propose de faire un point très partiel et loin d’être scientifique. Vos commentaires viendront nourrir, enrichir d’exemples, corriger, modifier des perceptions et prétendues connaissances que je vais aborder. L’idée n’est pas que tous les lecteurs (ni moi !) ne deviennent des lexicologues ni des chercheurs en neurosciences, mais bien que chacun, à son niveau, ait envie de nourrir cette réflexion sans fin.

Techniques traditionnelles d’apprentissage du lexique

Les listes par champ lexical… les répertoires… les dictionnaires surlignés de toutes les couleurs… Personnellement, dans ma pratique enseignante, je ne vois pas beaucoup de différences entre les techniques empiriques de mes étudiants et celles que j’utilisais autrefois, dans le temps, au siècle dernier. Je peux même sans doute me targuer d’avoir utilisé les mêmes méthodes de mémorisation que bien des ancêtres qui apprenaient les langues dans la méthodologie grammaire-traduction !

Plusieurs façons de voir les choses s’offrent à nous :

  • Le “ah, c’était mieux avant” :

Mais oui, pourquoi faire autre chose si ça marche ? rabâchage et mémorisation de mots, aussi bien en phonie qu’en graphie, avec la traduction, est-ce mauvais ?

  • Le “faut se mettre à la page, vieux !”:

Nan mais sans rire, tu peux faire la même chose mais avec une appli super top geek, mon pote, le surligneur, c’est pour les mômes.

  • Le “OK, ça a marché pendant longtemps, pourquoi tout changer” :

Effectivement, si ça a marché, c’est que ça peut encore marcher : mes neurones n’ont pas fondamentalement changé de fonctionnement par rapport à ceux de mes parents, et je nourris l’espoir qu’ils ne soient pas si différents non plus de ceux de mes étudiants. Il n’empêche que je n’en suis pas totalement satisfaite.

Les apprenants et leurs techniques

Voyons un peu les techniques utilisées par nos étudiants (sachant que j’enseigne à des adultes). Chaque semestre, je les interroge pour connaître leurs habitudes d’apprentissage. Conclusion : Ils se basent à 80% au moins sur des techniques de mémorisation mot-traduction.  Autre support traditionnel, les flashcards, ou cartes-images : j’y ai été confrontée en tant qu’assistante de français en Irlande, ainsi qu’en explorant un grand site qui se vend comme un outil d’apprentissage de la langue. J’apprécie le côté visuel, l’absence de traduction (bien que, dans la pratique, certains enseignants passent systématiquement par la traduction après avoir utilisé les flashcards), voire la manipulation : les jeunes enfants adorent jouer au loto, et cela leur permet effectivement d’apprendre du lexique thématique, en associant l’image et son image phonétique. On en vient même parfois à imiter le bruit, à rappeler une anecdote sur cet objet ou animal, à le mimer et tout cela favorise la mémorisation en stimulant tout un réseau sémantique qui dessinera les contours précis de ce mot.