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La période de la petite enfance offre de nombreuses ressources et potentialités qui peuvent être exploitées dans l’apprentissage précoce d’une langue étrangère. Les décrypter nous permettra de mieux envisager les choix méthodologiques à privilégier.

 

          1/ « La malléabilité intellectuelle de l’enfant 1 »

enfant avec un cartable             Cette souplesse renvoie à l’état de développement cognitif dans lequel se trouve l’enfant. Comme nous l’avons vu auparavant, il est en plein processus d’acquisition du langage, ainsi que de découverte du monde, ce qui lui confère une grande disponibilité, voire une avidité pour les nouvelles connaissances. Être confronté à l’inconnu ne lui est pas difficile, tant que le milieu dans lequel il se trouve (en l’occurrence l’école maternelle ou la structure préscolaire) est sécurisant. C. O’Neil va même plus loin en parlant de « tolérance à l’ambiguïté 2» chez l’enfant, surtout entre 2 et 4 ans, pour désigner le fait que « l’enfant accepte fort bien ‘l’étrangeté’ de la langue vivante étrangère, et n’a pas une attitude réductrice à son égard ».

 

           2/ Une sensibilité auditive et phonétique très développée

            Dans la situation d’exposition à une langue étrangère, l’enfant possède une richesse d’ouverture aux différents sons. L’enfant peut reproduire à l’identique des sons sans accent, et garder cette prononciation fidèle s’il évolue par la suite dans un milieu lui permettant de continuer à pratiquer avec fréquence la langue étrangère apprise. Les aptitudes distinctives déclineraient progressivement, au cours de l’enfance et doivent être donc exploitées le plus tôt possible, sans quoi, passé l’âge de 10 ans, « période critique 3», la perception naturelle de ces oppositions sonores sera perdue et rendra l’apprentissage de la langue plus complexe.

 

            3/ Une aptitude développée à l’imitationenfant qui dessine - cours de fle

            Selon C. Hagège, « il existe chez l’enfant une pulsion d’imitation qui joue un rôle considérable dans l’apprentissage des langues comme dans celui de toute la vie sociale 4». Cette aptitude mimétique se transforme en acquisition seulement si le milieu dans lequel elle s’exprime lui donne un cadre pour se manifester.

             4/ Le plaisir de la langue

            Chez l’enfant, il est courant de parler de plaisir, et non de motivation. « Le goût enfantin pour les manipulations verbales et l’allègre spontanéité 5» sont caractéristiques des enfants qui apprennent une langue étrangère, si bien sûr les conditions d’enseignement-apprentissage sont favorables. Ce plaisir doit donc être suscité en intégrant une dimension ludique importante dans l’apprentissage et en utilisant de nombreux jeux de sons, comptines, et histoires à structure itérative.

 

            5/ L’absence d’inhibition

            Cet argument en faveur de l’apprentissage précoce des langues est repris par de nombreux spécialistes, notamment par Groux qui précise : «  […] on entre plus facilement dans une langue étrangère lorsqu’on est tout petit et que l’on est pas encore inhibé par la crainte du brouillage de son image sociale, ni affecté par une construction identitaire délicate, comme on peut l’être dès l’âge de la pré-adolescence, où l’on supporte plus difficilement la différence et le regard de l’autre que l’on imagine délibérément critique6. »

 

1 CUQ Jean-Pierre et GRUCA Isabelle, Cours de didactique du français langue étrangère et seconde, PUG, 2002, p. 317

 2 O’ NEIL Charmian, Les enfants et l’enseignement des langues étrangères. Paris : Hatier- Didier, LAL, 1993, p. 201

 3HAGEGE Claude, L’enfant aux deux langues. Paris : Odile Jacob, 1996, p. 28.

4Ibid., p. 21

5Ibid., p. 36

6GROUX Dominique, Pour un apprentissage précoce des langues. Revue « Le Français dans le monde » [en ligne]. Novembre-décembre 2003, n°330.