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Dyslexie et troubles de l’apprentissage

Nos apprenants FLE peuvent être porteurs de troubles d’apprentissage appelés aussi « dys ». Ces troubles neurologiques rendent les apprentissages plus compliqués. Les apprenants dys vont devoir alors construire des stratégies d’apprentissage différentes.

6 types de troubles sont identifiés :

  • la dyslexie : trouble de la lecture
  • la dysorthographie : trouble de l’écriture
  • la dyspraxie: trouble du développement moteur
  • la dyscalculie : trouble des activités numériques
  • la dysphasie : trouble du langage oral
  • TDA/H : trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité

Chacune de ces pathologies va présenter des formes multiples. Il s’agit de troubles neurologiques.

Les chercheurs s’accordent à dire qu’ils auraient une origine génétique. Lors du développement foetal, au moment de la migration des neurones, certains ne se placent pas à l’endroit qui leur est destiné : c’est ce qu’on appellent des désordres neuronaux. Ces troubles neurologiques peuvent aussi être un problème de déficit de connexion entre les aires éloignées du cerveau : le passage d’informations entre deux zones a du mal à s’effectuer.

Dans 40 % des cas, une personne présentant un trouble dys aura d’autres troubles des apprentissages associés. On parle alors de multi-dys.

Dans cet article, nous nous consacrerons aux troubles de la lecture et de l’écriture : quels sont leur manifestations ? Quels impacts sur l’apprentissage du FLE ? Quelles adaptations pédagogiques peuvent aider ces apprenants ?

Description des troubles de la lecture et de l’écriture

Il existe deux grandes familles de dyslexie phonologique et lexicale.

lettresLes personnes porteuses de dyslexie phonologique sont en difficulté  pour associer une lettre ou plusieurs lettres au phonème correspondant et pour associer ces ensembles de phonèmes suffisamment rapidement afin de prendre conscience du mot en cours de déchiffrement.

Quant aux personnes porteuses de dyslexie lexicale, leur principale difficulté est d’arriver à lire un mot dans sa globalité (lecture par adressage). Pour lire un mot, elles vont devoir à chaque fois le décomposer. Dans les deux cas, les processus de lecture sont alors très coûteux cognitivement et ne permettent pas toujours d’avoir une vitesse de lecture suffisante pour accéder au sens.

Les deux formes de dyslexie peuvent être présentes.

A ces formes s’associe parfois une dyslexie motrice : les personnes ont alors des difficultés à distinguer des lettres proches comme /b/ /p/ /d/ /q/. Ces difficultés de lecture sont dues à un mauvais développement phonologique à savoir des difficultés à discriminer des sons proches et/ou une faible conscience phonologique.

Les dyslexies sont très souvent associées à des difficultés à maîtriser l’orthographe (trouble dysorthographique). En production écrite, nous pouvons observer des confusions ou des inversions de lettres.

Ainsi ces troubles de la lecture et de l’écriture repérés dans la langue maternelle vont avoir des conséquence sur l’apprentissage du FLE au niveau de l’oral mais surtout au niveau de l’écrit. Les difficultés à apprendre le FLE seront d’autant plus importantes que la langue maternelle est phonétiquement éloignée du français.

Dyslexie et FLE, des pistes

Pour l’apprentissage de l’oral chez les apprenants dyslexiques, il est important de travailler sur la prise de conscience et l’appropriation des phonèmes sans avoir recours à l’écrit. En effet comme nous l’avons vu précédemment une des difficultés est d’associer les graphèmes et les phonèmes. Si nous présentons lors de l’apprentissage de l’oral un mot écrit, l’apprenant aura tout son système cognitif centré sur cette association et ne pourra pas s’en détacher pour se focaliser uniquement sur les sons à l’oral.

musiqueDes travaux de recherche ont mis en évidence que la pratique de la musique aidait les personnes dyslexiques à améliorer leur performance de lecture dans leur langue maternelle. Des chercheurs québécois indiquent que pour faciliter l’apprentissage de la lecture et de l’écriture chez les enfants, il est important de leur proposer des exercices de discrimination et de production de rythme, des hauteurs de sons,des timbres des voix et des instruments et des intensités de sons. Il y a tout à parier que l’introduction de ce type d’exercices de musique simples dans nos classes de FLE seraient aussi un levier chez les dys.

La dyslexie et la dysorthographie rendent difficile la décomposition d’un mot en phonèmes, la transcription des phonèmes en graphèmes et l’automatisation de ces deux processus. Pour accompagner les apprenants FLE, l’utilisation de codes couleurs pour différencier les graphèmes va faciliter l’apprentissage. Gattegno a construit une démarche pédagogique et des outils dans ce sens. Les sons peuvent aussi être associés à des gestes comme le propose la méthode Borel-Maisonny. Enfin, un travail sur la morphologie de la langue peut aussi être proposé. Il s’agit de mettre du sens sur la manière dont sont construits les mots en français en proposant des exercices sur l’étude des suffixes, des préfixes mais aussi l’étymologie des mots.

Travailler avec des apprenants FLE présentant un trouble dys nous oblige à inventer de nouvelles situations pédagogiques pour s’adapter à leur manière d’apprendre. Mais inventer avec et pour les dys c’est innover pour tous !

Si vous avez des pistes, des idées à partager avec la communauté sur ce thème, foncez nous laisser des commentaires !