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Qui ne s’est pas déjà retrouvé devant des apprenants analphabètes un jour, et s’est demandé : mais par où vais-je donc commencer ? Quel formateur n’a pas déjà été pris de panique devant la difficulté que peut représenter un tel apprentissage ? Nous allons essayer ici de proposer quelques pistes didactiques qui dans la pratique pourront aider nos apprenants ainsi que nous autres formateurs d’adultes ! On laissera de côté pour l’instant, l’apprentissage de l’écriture et la post-alphabétisation qui pourront être l’objet d’autres articles ultérieurement.

1. Alphabétisation : les fonctions de l’écrit

livres-ouvertsIl est important d’introduire, dans un premier temps, chez nos apprenants, la question suivante : pourquoi cela est-il si important de savoir lire et écrire, en quoi tout cet apprentissage va-t-il lui être concrètement utile ? On peut rappeler l’importance du principe en andragogie qu’un apprenant adulte doit en général toujours savoir pourquoi il doit apprendre quelque chose. Avant même de commencer l’alphabétisation, une démarche sur les documents administratifs est donc primordiale. Il s’agit de se demander quelles sont les fonctions des différents écrits que l’apprenant rencontre dans sa vie quotidienne.

L’écrit a plusieurs fonctions. Tout d’abord, il a une fonction sociale : son rôle et sa place sont incontournables dans nos sociétés. L’écrit est une preuve au niveau juridique, commerciale, etc. L’écrit est également un outil permettant d’organiser le temps (calendrier, agenda, etc.). L’écrit a également une fonction de communication : on écrit en général à quelqu’un pour communiquer sur tel ou tel fait ou évènement. Une facture, par exemple est un outil de communication différée entre EDF d’une part et le client d’autre part.

 2. Alphabétisation : des supports variés

Dans un deuxième temps, on n’oubliera pas non plus de s’intéresser aux différents supports utilisés : papier, pancartes, SMS, etc. Ainsi on pourra travailler la forme des documents, la reconnaissance des logos, des différentes informations chiffrées (si les apprenants connaissent les numéros), les dates, les prix, etc. L’apprenant doit pouvoir se poser les questions suivantes : « Pourquoi dois-je apprendre cela ? », « A quoi cela va-t-il me servir dans la pratique ? » Il s’agira donc pour eux d’apprendre à reconnaître les formes des documents afin de les réutiliser après l’apprentissage : certains formulaires par exemple changent, donc on s’intéressera aux mots-clés, aux logos, aux encadrés, aux couleurs et à tous ces éléments récurrents et non aux formulaires en eux-mêmes car ils seront susceptibles d’être modifiés.

 3. Alphabétisation : favoriser la motivation

classementAutre astuce, certaines méthodes d’alphabétisation commencent par enseigner l’alphabet de façon totalement abstraite. Pourquoi apprendre l’alphabet de façon abstraite ? En quoi l’alphabet est-il intéressant et utile dans notre vie quotidienne ? On peut par exemple insister sur l’utilité de connaître l’ordre alphabétique et non l’alphabet, pour se repérer dans une administration par exemple: le bureau A, avant le bureau D, etc….

Un des plus grands problèmes que rencontre le formateur est celui de la motivation des apprenants : beaucoup ont honte de ne pas savoir lire, et bon nombre d’entre eux se découragent régulièrement. Il faut toujours veiller à les encourager et à les motiver, surveiller l’apprenant qui se décourage en cours de route et essayer de le remettre dans le long et pénible chemin de l’apprentissage du code écrit.

Un exemple d’activité pour susciter la motivation chez des apprenants ayant déjà un certain niveau de français oral : « On a tous quelque chose à apprendre de quelqu’un”. Chaque apprenant va présenter un savoir-faire qu’il a : cuisine, chasse, sculpture, sport, etc. et faire une petite présentation aux autres, l’intérêt étant de montrer que chacun peut apprendre des autres et valoriser leurs expériences et leurs savoirs déjà acquis. Un jour, une apprenante a d’ailleurs beaucoup ri quand je lui ai dit que j’étais nulle en cuisine ! Cela permet également au formateur de connaître mieux ses apprenants et de commencer à identifier leurs différents profils.