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image antimanuel/post FFLE

Angoissantes expressions…

 « Grammaire topologique »… l’expression fait peur, on est d’accord. Très souvent, on n’a pas choisi la voie du français pour épouser les mathématiques. Or, à lire les publications sur la grammaire topologique, il n’y a rien de rassurant: formules, foncteurs, perspectives dynamiques… un vrai cauchemar pour le lettré moyen, l’infarctus quasi-garanti pour un poète.

 …et réalité libératrice

Bon, on va donc dédramatiser tout de suite: ce qui nous intéresse ce n’est pas d’analyser la langue suivant des modalités descriptives ingérables pour un apprenant. Premièrement donc, règle de réalisme ou plutôt pratique: nous souhaitons simplifier, rendre plus facile l’apprentissage grammatical, et non l’alourdir.

Deuxièmement, ce qu’on appelle « topologique », on pourrait peut-être le nommer autrement, comme par exemple « gauche-droite », ce qui évoque une réalité omniprésente dans ce que nous souhaitons faire: non plus expliquer des mots simples à l’aide de catégories grammaticales complexes, mais chercher à comprendre l’organisation d’une phrase. Règle de simplicité.

Troisièmement, et surtout: règle d’humilité. On ne cerne pas absolument une langue avec des règles, encore moins des règles statiques. Mais on peut tenter d’épouser un fort pourcentage des usages de la langue utilisée (car c’est bien à elle que nous nous intéressons, plutôt qu’à l’ersatz avec lequel on ne va guère loin, nommé « langage académique »), en sachant bien que le travail d’écrivain consiste en grande partie à repousser, modifier, faire bouger car faire vivre cette langue, et que la langue vit bien sûr aussi au quotidien, dans les usages et abus qui en/lui sont faits. Une langue immobile est une langue morte. La réciproque est d’ailleurs vraie aussi. Faire une langue dans la langue. Lisez Gerasim Luca, et osez dire qu’il ne s’agit pas de français. Et ensuite, cherchez à décrire sa syntaxe… et revenez nous l’expliquer dans quelques riches années. Une vraie langue dans la langue.

Trois règles à modifier, accepter ou non, aménager, et une idée: peut-être qu’on pourrait expliquer certaines choses beaucoup plus simplement en faisant référence aux positionnement dans la phrase plutôt qu’à des catégories classiques qui servent à décrire la langue, mais très mal à la construire. Or en Fle il s’agit bien de cela: construire. Exemples dans des articles à venir très bientôt.

Autre possibilité: l’anti-règles

 Anti-manuel d’orthographe, de Pascal Bouchard

Et dans tous les cas, à lire absolument pour être au clair avec le matraquage fait autour de la langue française et de son enseignement, en rapport avec son histoire réelle. A hurler le soir au fond des collèges, de Duneton.